« Les petites reines » de Clémentine Beauvais

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Les petites reines

Clémentine Beauvais

Editions Sarbacane – Collection Exprim’, 2015

Grosses et moches, elles ont remporté les concours de boudin. Elles vont changer votre vie à force de courage et de ténacité. Tonique et réconfortant !

Elles sont grosses. En tous cas, beaucoup trop pour les normes actuelles. Et elles sont moches. Assez pour remporter le Boudin d’or, le Boudin d’argent et le Boudin de bronze sur le Face book créé par un sinistre crétin, « …petit caïd de la bourgeoisie de province, lamentable héritier des générations de machos persuadés qu’il est de leur droit de commenter, évaluer, classer les corps et les visages féminins qui traversent leurs territoires. ». C’est comme ça qu’elles se rencontrent. Mais Mireille, Astrid et Hakima n’ont pas que leurs titres en commun. Elles partagent des blessures, des rêves et des revanches à prendre. Bientôt naît un projet, le projet le plus insensé qui soit : s’inviter à la garden-party organisée par l’Elysée pour le 14 juillet et la gate-crasher. Pourquoi ? Comment ?

Laissez-vous emporter par l’écriture tonique de Clémentine Beauvais, ses réconfortants coups de gueules contre la dictature des apparences, ses bouleversants morceaux d’histoires d’héroïques anonymes et son humour ravageur. Les petites reines parlent de courage, d’entraide et d’amitié, des choses importantes et des plaisirs de la vie, de cuisine aussi, beaucoup. Et de boudin, forcément !

Marie H.

 

« Les fragiles » de Cécile Roumiguière

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FragilesLes fragiles

Cécile Roumiguière

Editions Sarbacane, collection Exprim, 2016.

« Les fragiles » est le premier « Exprim » de Cécile Roumiguière. Une première réussie. L’auteure a eu l’idée de cette histoire lors d’une rencontre avec une classe. Un élève lui affirme clairement, « Mais moi, mon papa, il est raciste« . Le roman est construit chronologiquement sur le flashback du jour J, alternant des chapitres d’années antérieures. Cette construction peut surprendre et donne du rythme au récit.

C’est l’histoire de Drew, un garçon fragile, qui  vit avec le poids d’un père raciste, entouré d’une mère maltraitée, d’une grand-mère excentrique et de Sky, son amie. Drew est un garçon brillant et bon élève, il se déprécie constamment pour plaire à son père. Ce dernier veut un fils à son image, viril, brutal, manuel, bref à l’image d’une caricature. Hors Drew est fragile. Fragile et fort pour plaire à son père, pour surmonter les obstacles de ses aventures, les épreuves de sa vie.

Cécile Roumiguière glisse de la fragilité dans tous les personnages du roman. Personne n’échappe à sa fragilité, y compris Cédric, le père de Drew. Les fragiles, c’est aussi l’utilisation d’un vocabulaire « fragile » dans les descriptions des attitudes, les sentiments des personnages, les paroles qu’ils emploient.

Les fragiles, à lire brutalement ou avec délicatesse, certainement avec beaucoup d’attention.

Thierry B.

« Okilélé » de Claude Ponti

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okileleOkilélé

Claude Ponti

Ed L’Ecole des Loisirs, 1999

Voici le livre qui m’a le plus marqué depuis mes débuts dans la profession en 1986 :

J’ai reçu « Okilélé » comme un uppercut au creux de l’estomac.

L’enfant qui ne correspond pas à la norme, que les parents emmurent dans son trou… tout cela dans un livre pour enfants !

Puis vient pour le héros le temps de l’aventure, de la découverte du monde, des expériences qui peu à peu forgent l’être humain, le poussent à se connaître.

Et enfin, le retour à la famille, sans acrimonie ni esprit de revanche.

A la suite d’Okilélé, la lecture des « Pieds bleus » m’a emplie d’admiration pour ce parcours de vie : c’est, sur toute la ligne une victoire de la sensibilité et de l’intelligence sur la bêtise et la violence.

Florence G.

« Le collectionneur d’instants » de Quint Buchholz

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collectionneurLe collectionneur d’instants

de Quint Buchholz, traduction de Bernard Friot

Enfin j’envoie mon coup de coeur depuis ces 20 dernière années, j’ai tardé mais pas 20 ans…

J’ai vraiment adoré l’album

« Le collectionneur d’instants » de Quint Buckholz des éditions Milan Paru en octobre 1998, il est traduit par Bernard Friot (auteur jeunesse connu notamment pour ses nouvelles « histoires pressées »).

C’est l’histoire d’une rencontre entre un peintre nomade, Max et un jeune garçon musicien.

Max, qui se définit lui-même comme « collectionneur d’instants » s’installe un jour sur une île pour y peindre les images qu’il a collectionnées au cours de ses voyages et de ses rêveries.
Il emménage dans l’immeuble où vit le jeune Buchholz, dont le père est quincaillier.
L’atelier du peintre va devenir leur lieu de partage et d’échanges privilégié, le lieu où va grandir une belle histoire d’amitié et où la musique et la peinture vont se retrouver étroitement liées.
Max qui ne montre pas les tableaux qu’il peint, part un matin en voyage et laisse la clé de son atelier à l’enfant…

C’est un album envoûtant dans lequel les images sont toujours empreintes d’un mystère, d’un silence particulier et propre à susciter la rêverie. Elles suscitent la surprise et l’émotion.
Elles mettent en scène des instants magiques, dans chacune on retrouve l’intrusion soudaine du fantastique dans le réel par exemple les éléphants de neige.

Carole F.