"Le passe-miroir" de Christelle Dabos

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le passe miroirLa Passe-miroir – Tome 1 : Les fiancés de l’hiver

Christelle Dabos 

Gallimard jeunesse, 2013

En 2012, Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama ont lancé le concours du premier roman jeunesse ouvert à toute personne n’ayant été jamais publiée. C’est Christelle Dabos qui a remporté ce concours avec le premier tome de sa série La Passe-miroir : Les fiancés de l’hiver.

Dans ce roman, le monde est scindé en arches, sortes d’îlots suspendus dans le ciel. Ophélie, jeune fille myope et maladroite, vit sur l’une d’elles, Anima. Tous les habitants y sont cousins et partagent donc le même ancêtre, Artémis. Sur Anima, les natifs ont des pouvoirs liés aux objets. Selon leurs prédispositions, ils peuvent les réparer, lire leur histoire ou encore les rendre vivants. Ophélie est une anémiste très douée. Elle est liseuse, c’est-à-dire qu’elle peut lire le passé des objets. Elle est aussi passe-miroir : elle peut voyager d’un miroir à l’autre, à condition qu’ils soient placés à courte distance et qu’elle s’y soit déjà reflétée.

Le roman s’ouvre sur une mauvaise nouvelle pour Ophélie : les doyennes d’Anima lui ont trouvé un futur mari sur une autre arche, le Pôle. Ophélie n’a aucune envie de se marier mais elle est dans l’impossibilité de refuser cette proposition. On ne peut pas dire non aux doyennes. Son fiancé s’appelle Thorn, il est grand, maigre, taciturne. Il l’emmène au Pôle avec la marraine d’Ophélie qui restera auprès d’elle jusqu’à son mariage.

Au Pôle, les choses sont bien différentes. La société est divisée en clans qui ont chacun leurs pouvoirs particuliers. Thorn fait partie du clan des Dragons, ou presque. Car c’est un bâtard, tout le clan l’a rejeté sauf sa magnifique tante Berenilde. Les Dragons sont capables de blesser à distance, sans nécessité de contact. Parmi les autres clans, il y a les Mirage qui peuvent créer des illusions. Il y a aussi ceux qui peuvent communiquer par la pensée et qui voient tout ce que les membres de leur clan voient, on les appelle la Toile. Comme sur Anima, les habitants du Pôle ont un ancêtre commun, Farouk, autour duquel évolue une véritable cour.

Lassée d’être surprotégée par Thorn et Berenilde, Ophélie va découvrir ce monde par ses propres moyens, pénétrer dans des lieux incroyables, croiser des personnages surprenants et comprendre finalement qu’elle n’est qu’un pion sur l’échiquier des intrigues de cour. Après moult périls, elle finira par apprendre le véritable pourquoi de ses fiançailles.

Même les lecteurs peu portés sur la fantasy pourraient se laisser prendre au charme des Fiancés de l’hiver. Car contrairement à certains romans du genre où l’on est plongé dans un monde pouvant être compliqué à appréhender, on découvre le Pôle à travers les yeux d’Ophélie qui, étrangère et non initiée aux mystères de cet univers, en sait aussi peu que nous. Si l’histoire vous accroche, vous risquez de vous sentir triste en refermant le livre sur sa dernière page et de n’attendre qu’une chose : la suite ! Il faudra patienter, le deuxième tome est en cours d’écriture. En attendant, Christelle Dabos répond aux questions de ses lecteurs sur le site dédié à la série.

Marie N.

 

 

 

"Le mystère du majordome" de Norma Huidobro

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mystere-du-majordomeLe mystère du majordome

Norma Huidobro

École des Loisirs, 2013

Les patrons de sa grand-tante, gouvernante, étant absents, le jeune Tomas a la chance de passer quelques jours dans leur maison qu’il appelle le « palais ». C’est le rêve : piscine, bons petits plats, grandes pièces dans lesquelles jouer, le début du séjour de Tomas ne pourrait pas mieux se passer. Mais voilà qu’il entend des bruits étranges la nuit, juste au-dessus de sa chambre. Pire encore : les bons en-cas préparés par la cuisinière disparaissent sans explication. Et puis, qu’est devenu l’ancien majordome dont Tomas se souvient si bien alors que tout le personnel de la maison s’acharne à prétendre qu’il n’a jamais existé ?

Tomas, aidé de Camila, la petite fille de la cuisinière, va mener l’enquête.

Ce court roman policier argentin plein de suspens et de mystère est agréable à suivre et chose à noter, il met l’eau à la bouche : Norma Huidobro a l’art de décrire les gourmandises dégustées par son héros. Pas étonnant que la disparition de ces bonnes choses le pousse à enquêter, c’est un crime que des plats aussi appétissants se volatilisent !

Marie N.

"La double vie de Cassiel Roadnight" de Jenny Valentine

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doublevieLa double vie de Cassiel Roadnight

Jenny Valentine

École des Loisirs, 2013

Chap, seize ans et sans domicile fixe, fuit depuis deux ans les services sociaux. Mais cette fois-ci, il a été attrapé et placé dans un centre pour jeunes à problèmes. Il n’a aucune envie d’y rester. Il n’a pas non plus envie de dire qui il est, il s’obstine à ne répondre à aucune question. Jusqu’à ce que les éducateurs tombent sur un avis de recherche. Le jeune homme sur l’affiche est le portrait craché de Chap. Il s’appelle Cassiel Roadnight, il a disparu il y a deux ans et sa famille le recherche depuis. Chap commence par dire que ce n’est pas lui mais face à l’insistance des éducateurs, persuadés du contraire tant la ressemblance est frappante, l’idée germe en lui qu’il pourrait avoir enfin la vie dont il rêve s’il prenait la place de Cassiel : un toit, une famille, une vie. Alors il laisse faire et finit par dire : oui, c’est moi, je suis Cassiel Roadnight.

S’ensuit la rencontre avec la famille de Cassiel : sa sœur aînée Edie qui vient le chercher, sa mère Helen abrutie par les antidépresseurs mais ravie de retrouver son fils et son grand frère Frank, membre le plus influent de la famille. Mais bien vite, Chap va comprendre que tout n’était pas rose dans la vie de Cassiel et qu’il n’était pas le gentil garçon sans histoire qu’il s’était imaginé. Et surtout, l’angoisse d’être démasqué est si forte qu’il ne parvient pas à profiter de sa nouvelle existence. Et si le vrai Cassiel revenait en apprenant qu’un autre a pris sa place ? Incapable de supporter plus longtemps cette angoisse, il songe à s’enfuir mais sur le chemin de la fugue, il croise une connaissance de Cassiel qui lui fait comprendre que le jeune homme était en danger avant sa disparition. Si Cassiel s’est volatilisé pour se protéger, il est probable qu’il ne revienne pas. Cela change tout pour Chap. Mais cela signifie aussi que lui-même est en danger.

Narré à la première personne, ce roman entraîne le lecteur dans les pas d’un adolescent si seul et perdu qu’il choisit de prendre l’identité d’un autre plutôt que de continuer à chercher la sienne. Problème : ce n’est pas si facile de se faire passer pour quelqu’un que l’on n’est pas. En plus de cette réflexion sur l’identité, Jenny Valentine nous offre une histoire pleine de suspens qu’on lit facilement d’une traite.

La double vie de Cassiel Roadnight a été récompensé de la Pépite du Roman Ado européen par le Salon du livre et de la jeunesse de Montreuil 2013.

Marie N.

"L’oiseau de papier" d’Ingrid Chabbert et Maud Roegiers

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oiseau-de-papier-de-ingrid-chabbertL’oiseau de papier

Ingrid Chabbert, illustrations de Maud Roegiers

Ed Alice jeunesse, 2014

Cette petite fille adore le papier, elle dessine avec ses feutres et crayons de couleurs. Sa grand-mère lui offre une feuille de papier en lui disant qu’elle est magique. La petite fille la tourne dans tous les sens. Rien ne se passe. Alors, elle s’en plaint à sa grand-mère. Celle-ci saisit la feuille est commence à la plier. Elle a confectionné un oiseau. Il s’envole… Pour ne pas le laisser seul, la petite fille, sur les conseils de sa grand-mère, déplie la feuille, la coupe en deux. Les deux morceaux ainsi repliés, laisse la place à deux oiseaux qui s’envole librement…

Ingrid Chabbert parle d’enfance, de relations intergénérationnelles et de transmission. Toujours avec la douceur et la quiétude qui la caractérise, l’auteure met en scène une tranche de vie du quotidien et la sublime. Les illustrations de Maud Roegiers sont à la fois dynamiques et douces. Elle joue avec les couleurs et les motifs. Motifs du papier, motifs des tissus.. Motifs que l’on retrouvent sur les pages de garde de l’album. Un bel ouvrage.

Thierry B.

"L’oiseau de papier" d’Ingrid Chabbert et Maud Roegiers

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oiseau-de-papier-de-ingrid-chabbertL’oiseau de papier

Ingrid Chabbert, illustrations de Maud Roegiers

Ed Alice jeunesse, 2014

Cette petite fille adore le papier, elle dessine avec ses feutres et crayons de couleurs. Sa grand-mère lui offre une feuille de papier en lui disant qu’elle est magique. La petite fille la tourne dans tous les sens. Rien ne se passe. Alors, elle s’en plaint à sa grand-mère. Celle-ci saisit la feuille est commence à la plier. Elle a confectionné un oiseau. Il s’envole… Pour ne pas le laisser seul, la petite fille, sur les conseils de sa grand-mère, déplie la feuille, la coupe en deux. Les deux morceaux ainsi repliés, laisse la place à deux oiseaux qui s’envole librement…

Ingrid Chabbert parle d’enfance, de relations intergénérationnelles et de transmission. Toujours avec la douceur et la quiétude qui la caractérise, l’auteure met en scène une tranche de vie du quotidien et la sublime. Les illustrations de Maud Roegiers sont à la fois dynamiques et douces. Elle joue avec les couleurs et les motifs. Motifs du papier, motifs des tissus.. Motifs que l’on retrouvent sur les pages de garde de l’album. Un bel ouvrage.

Thierry B.

"Adam et Thomas" d’Aharon Appelfeld

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adam et thomasAdam et Thomas

Aharon Appelfeld, traduction de Valérie Zenatti, illustrations de Philippe Dumas

Ecole des loisirs, 2014

La mère d’Adam le conduit dans la forêt pour le protéger des rafles. Elle lui demande de rester dans la forêt, elle viendra le chercher à la fin de la journée. La journée passe, sa mère ne vient pas le chercher. Adam passe la nuit seul dans la forêt. Il reste seul les jours suivants, alors il s’organise. Il se construit un abri, parcourt la forêt à la recherche de nourriture, il rencontre des animaux, se lie d’affection pour un chien errant… Ainsi se construit le récit comme une "robinsonnade". Un jour, il rencontre Thomas, un jeune garçon que sa mère a caché dans la forêt. A deux, ils sont plus fort, ils s’encouragent. Ils vont devoir subir la rudesse du climat : la pluie, le vent, la neige, le froid. Les mères ne reviennent toujours pas, ils assurent le quotidien avec la complicité d’une camarade de classe qui laisse de la nourriture en lisière de forêt. Et puis ils sauvent, soignent et cachent un homme blessé qui avait trouvé refuge dans la forêt. Enfin arrive le dénouement, paisible, sobre, heureux.

Aharon Appelfeld nous livre son premier roman pour la jeunesse. Sur fond historique de guerre et de rafle des juifs, l’auteur soulève les questions suivantes : "Qu’est ce que le courage ?", "D’où vient la haine ?", "Qu’est ce que l’amour ?". Cette robinsonnade est parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs, agrémentée des illustrations pastels de Philippe Dumas. Comme dans les albums, elles renforcent et complète le récit. Le roman inspiré de la vie de l’auteur est bien écrit et merveilleusement traduit par Valérie Zenatti.

Retrouvez l’entretien avec Aharon Appelfeld sur le site de l’Ecole des loisirs. Un roman à lire et faire lire absolument !

Thierry B.

 

"Les hirondelles d’Anne Fleur Drillon et Thibault Prugne

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hirondellesLes Hirondelles

Anne Fleur Drillon, illustrations de Thibault Prugne

Ed Bilboquet, 2013

Un premier Album pour Anne fleur Drillon qui nous livre avec beaucoup de douceur une histoire d’amitié entre deux mondes, deux hommes, deux univers, deux solitudes.

Barnabé vit haut dans le ciel, Amédée vit sur une île…deux mondes bien distincts dont l’unique trait d’union est une hirondelle….jusqu’à ce bout de ligne et cet hameçon…

De magnifiques illustrations dans des tons pastels et un texte poétique pour révéler ce thème de la solitude avec beaucoup d’humilité et de sensibilité.

Cet album me rappelle celui « La maison en petits cubes » pour l’univers épuré et poétique, le dessin également et le thème de la solitude.

Stéphanie C.