"Chroniques de l’archipel" de Geoff Rodkey

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chroniquesdelarchipelChroniques de l’archipel

Tome 01 : Le trésor des Okalus

Geoff Rodkey

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Rosalind Elland-Goldsmith

Editions du Seuil

Un premier roman magistral, entre les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire et Pirates des Caraïbes! En quatrième de couverture, l’accroche paraît outrancièrement racoleuse et pourtant, c’est exactement ce que l’on a envie d’en dire une fois dévorées ces 350 pages d’aventures trépidantes.

Laissez vous donc séduire par la très belle couverture de Joëlle Jolivet (ou l’art d’utiliser la paillette sans vulgarité) avant de plonger dans le monde cruel où Geoff Rodkey a choisi de faire naître l’infortuné Egbert. Voici donc un très jeune garçon, 12 ans exactement puisque tout commence le jour de son anniversaire, qui se trouve brutalement arraché de son environnement habituel, soit une île misérable et pelée, peuplée de pirates éclopés aussi bêtes que crasseux, ainsi qu’une famille misérable, où éducation rime avec brutalités, dont il est fort heureusement très vite débarrassé. Mais c’est pour se trouver confronté à un redoutable, machiavélique et tout puissant méchant, père d’une délicieuse Millicent dont Egbert tombe immédiatement amoureux. A ce stade de l’histoire nous n’en sommes qu’à la page 50… Autant vous dire que les amateurs d’action en auront pour leur temps de lecture. Le rythme est maintenu avec un grand sens du suspense jusqu’aux dernières pages, avec un ton alerte qui repose sur une écriture dont la principale qualité est de se faire discrète (grand bravo à la traductrice!). Le récit à la première personne nous fait partager de façon intime toutes les émotions, réflexions et questions de notre jeune héros malgré lui, qui fait souvent preuve d’un sens de l’humour désarmant dans des circonstance pour le moins périlleuses. Les personnages secondaires sont tout aussi convaincants, et Millicent comme Tripoux, le « Vendredi » de l’histoire, offrent en contrepoint des caractères bien trempés qui ajoutent du relief à l’histoire.

Voilà un très prometteur début de série pour les juniors, qui respecte tous les canons du genre mais lui apporte un ton personnel que j’ai trouvé, pour ma part, absolument irrésistible!

Marie H.

"Tombé sur un livre" Compagnie Gaf’Alu

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pataruc« Tombé sur un livre » c’est le titre du spectacle que la Cie Gaf’’Alu a présenté à la Médiathèque de Brignoles . Le comédien Lionel Jamon , un grand monsieur bien sympathique  est devenu l’espace d’un moment , le clown Pataruc. Mais attention, Pataruc tu tombes ! Oui ! mais pas n’importe où. Dans un livre de légendes. Ce livre avale notre clown et l’entraîne dans des aventures à la recherche de la princesse protectrice des arbres.  Et c’est là que les enfants accompagnés de leurs parents car c’est un spectacle familial et que les grandes oreilles venues  sans leurs enfants se sont laissés happer par  cette histoire poétique fantastique aux clins d’œil nombreux. Dans la forêt légendaire et pleine de créatures nous nous sommes tous posés pendus aux lèvres de Lionel, à ses chansons, ses petits messages, ses silences et à l’innocence de Pataruc. Un spectacle interactif vivement conseillé.

Eliane T.

"Nox" d’Yves Grevet

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NOX1NOX2Nox

Tome 01 : Ici-bas

Tome 02 : Ailleurs

Yves Grevet

Editions Syros

Lucen est un des innombrables habitants de la ville basse, altitude 410, donc encore loin des moincents mais assez bas tout de même pour n’avoir jamais vu la lumière du soleil, si elle existe encore. Il vit comme ses semblables dans des conditions d’autant plus pénibles qu’à l’obscurité de la nox, générée par un brouillard épais qui jamais ne se dissipe, s’ajoute la pénurie d’énergie, qu’il faut combler en pédalant durant chaque moment libre. Sans compter la suspicion du chef local de la milice, qui est pourtant le père d’un de ses meilleurs amis. Ou peut-être à cause de cette amitié ? Amitié menacée car en grandissant, tout change, y compris le regard que l’on porte sur des règles qui ont jusqu’alors régi le quotidien sans qu’on y réfléchisse. Tout le monde n’a pas le même statut dans cette société, et il faut accepter sa condition sans état d’âme "…parce qu’un monde où personne ne désire la place de l’autre est un monde sans conflit". Exercer le même métier que son père, enfanter dès la puberté pour compenser le taux de mortalité galopant, travailler, pédaler, obéir et rester à sa place, voilà le destin de ceux d’en-bas. Mais que ce passe-t-il quand deux mondes opposés se rencontrent ? Car il existe un monde au-dessus de la nox…

Yves Grevet nous entraîne une fois de plus dans un univers totalitaire, basé sur la ségrégation et l’exploitation des plus pauvre, et s’il n’a plus rien à prouver, il nous épate encore. L’univers de Nox est peut-être moins intrigant que celui de Méto, série devenue culte à juste titre, mais la magie de son écriture fonctionne toujours aussi bien. En compagnie de personnages solidement construits, aux psychologies fines et complexes, avec des dialogues vifs et justes, le récit fait alterner les points de vue de différents narrateurs et nous entraîne dans deux mondes soigneusement cloisonnés. Si le rythme soutenu de la narration privilégie l’action et le suspense, la réflexion n’est jamais loin et conditionne l’évolution de chacun des personnages. Qu’ils soient tentés par la rébellion ou pour par la soumission au système, tout choix suppose un abandon, une trahison ou une perte. Passionnant et bien plus sérieux qu’il n’y parait.

Marie H.