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Sébastien Orsini dans Dazibao

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Sébastien Orsini est l’invité de Dazibao, la revue de l’Agence Régionale du Livre PACA. Sébastien Orsini est né à Hyères dans le Var (83), il est diplomé en Arts appliqués et détenteur du titre d’illustrateur/concepteur de l’école Emile Cohl à Lyon.

Dazibao

Exposition « Dans le mystère des animaux sauvages »

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Exposition : Sébastien Orsini

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Dans le mystère des animaux sauvages, une exposition de Sébastien Orsini, dans le réseau des Médiathèques de l’agglomération Dracénoise. 21 Gravures originales de l’album éponyme de Sébastien Orsini qui avait répondu à nos questions lors d’une rencontre, « J’ai rendez-vous avec…Sébastien Orsini » le 11 septembre 2012. L’auteur-illustrateur sera présent dans les Médiathèques, le jeudi 7 février à Vidauban, jeudi 7 mars au Muy, jeudi 4 avril Montferrat, vendredi 3 mai à Bargemon. Dans le mystère des animaux sauvages un abécédaire somptueux, plus qu’un abécédaire, un livre d’art, avec des choix esthétiques forts et saisissants.

expo_orsiniThierry B.

« J’ai rendez-vous avec… Sébastien Orsini »

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Sébastien Orsini

Sébastien Orsini

Lj83 : Bonjour Sébastien, nous sommes particulièrement heureux de vous  rencontrer aujourd’hui. Depuis que j’ai ouvert « Dans le Mystère des animaux sauvages », je rêve de pouvoir en discuter avec vous. Pourriez-vous nous raconter comment ce remarquable abécédaire a vu le jour ?

Sébastien G. Orsini :  Cet abécédaire s’est construit en plusieurs étapes.

Tout d’abord, j’ai réalisé une première gravure, l’iguane, juste pour me faire plaisir sans but bien précis. Quelques mois plus tard, j’étais alors en dernière année d’étude à l’école Emile Cohl, on nous a demandé de faire cinq illustrations afin de  participer au concours d’illustrateurs de la Foire internationale de Bologne. J’ai repensé à cette gravure et en ai réalisé quatre autres. J’ai eu l’honneur d’être sélectionné parmi les artistes exposés pendant la foire et c’est là-bas que j’ai rencontré Guillaume Berga, directeur artistique chez Actes Sud Junior qui s’est montré très intéressé par mes gravures. Il avait besoin d’en voir un peu plus pour prendre une décision, j’ai donc fait de ce projet un de mes projets de fin d’étude. Quelques mois plus tard et mon diplôme en poche, j’ai rencontré l’équipe éditoriale de chez Actes Sud à Paris avec une douzaine de doubles pages du livre et le projet a été tout de suite accepté. J’ai bénéficié d’une grande confiance et d’une grande liberté de la part de la maison d’édition, ce qui fut très agréable.

 Lj83 : Vous avez utilisé une technique bien particulière, la gravure. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

S O : J’avais déjà expérimenté cette technique à de multiples reprises sans pour autant être très satisfait du résultat. Mais durant mes études, j’ai eu comme professeur Gilbert Houbre qui est illustrateur mais également très bon graveur et passionné par cette technique. Il m’a fait réaliser dans le cadre scolaire des pointes sèches, des monotypes et des linogravures sur le thème du portrait. J’y ai pris beaucoup de plaisir et me suis découvert une véritable passion pour toutes ces techniques. Il y a eu également les magnifiques linogravures d’un ami illustrateur, Michael Crosa, qui m’ont beaucoup donné envie de graver.

 Lj83 : Il existe assez peu d’illustrateurs jeunesse qui utilisent cette technique. Joëlle Jolivet, May Angeli… Certains d’entre eux ont-ils eu de l’influence sur votre travail ?

S O : Je pense qu’à l’heure actuelle, il y peu d’illustrateurs qui utilisent cette technique car elle est fatigante, contraignante et très lente étant composée de très nombreuse étapes. Elle ne se prête donc pas vraiment aux conditions actuelles de l’édition. À titre d’exemple, la réalisation de l’abécédaire m’a pris en tout plus de huit mois. Même si je suis de très près la production actuelle en matière d’illustration jeunesse, à part l’intérêt tout particulier que je porte au travail de Blexbolex et de Lorenzo Mattotti, je dois avouer que dans le cadre de l’abécédaire, j’ai plutôt été influencé par des artistes plus anciens.

Je dirais que mes sources d’inspiration sont plutôt à chercher du côté de Robert Hainard, Rojan, Paul Jouve, Hokusai, Hiroshige, Kono Bairei, les bois de Clément Serveau, la gravure sur bois du début du XXème siècle et beaucoup d’autres choses. J’ai souhaité retrouver une atmosphère de mystère et d’exotisme que m’évoquent les gravures naturalistes du XIXème siècle avec une forte inspiration art déco tout en restant contemporain et actuel.

©Sébastien Orsini

©Sébastien Orsini

Enfin, comme je l’ai dit plus haut, Michael Crosa m’a beaucoup influencé sur ma façon de graver et sur l’utilisation des outils.

Lj83 : Pouvez-vous nous dire quelques mots de votre parcours d’artiste ?

S O : Mon parcours d’artiste en tant qu’illustrateur n’est pas très long puisque Dans le mystère des animaux sauvages  est mon premier livre.

Avant ça, d’un point de vue « scolaire »,  j’ai suivi une première formation en BTS Arts Appliqués Graphisme / Édition / Publicité et ensuite la formation d’illustrateur / Concepteur de l’école Émile Cohl à Lyon.

D’un point de vue professionnel, hormis quelques illustrations dans des ouvrages collectifs, mes principaux travaux ont été des collaborations avec Joe G. Pinelli en tant que coloriste sur  Bye, Bye, Blackbird  aux éditions BD music et sur  Trouille  chez Rivages Noir / Casterman. Ce fut un grand plaisir de mettre en couleurs les images de Joe qui est un artiste pour qui j’ai la plus grande estime. Il m’a beaucoup appris sur les couleurs et sur la lumière.

©Sébastien Orsini

©Sébastien Orsini

Lj83 : Vous vivez et travaillez actuellement dans le Var. Comment ressentez vous votre environnement professionnel ? Les contacts avec les maisons d’édition, avec des auteurs ou d’autres illustrateurs…

S O : Je dois avouer qu’il n’est pas toujours très facile d’entrer en contact à distance avec les grandes maisons d’éditions, très souvent implantées sur Paris. Il me semble qu’un dossier envoyé par mail n’a pas le même impact qu’une véritable rencontre avec un éditeur ou un directeur artistique. Étant en début de carrière et n’ayant pas encore un « nom » dans la profession, il m’est indispensable de me déplacer soit aux sièges des maisons soit dans les salons et évènements jeunesse.

Lj83 : La Communauté d’agglomération dracénoise a acquis l’ensemble des gravures des Animaux sauvages et leur accrochage permettra à tous de les voir dans les différentes médiathèques de son réseau. A cette occasion, certaines d’entre elles vous ont demandé d’intervenir auprès des groupes d’enfants qui viendront visiter l’exposition. J’aimerais beaucoup que vous nous parliez de ce travail de médiation.

S O : Ce travail d’atelier avec les enfants m’intéresse énormément car il me permet de leur faire découvrir la gravure, technique artistique qui leur est totalement étrangère.

Cette technique si commune à certaines époques et ancêtre de l’imprimerie moderne est aujourd’hui assez rarement utilisée même si, comme vous l’avez signalé auparavant, certains illustrateurs actuels continuent à la pratiquer. J’en profite donc pour montrer aux enfants comment elle a évolué et traversé les millénaires d’histoire de l’art. Mais plus important encore, j’essaie de leur donner goût à la gravure par la pratique.

La gravure se pratiquant habituellement avec des outils tranchants et dangereux, j’ai dû développer, au cours des ateliers, des façons  « sécurisées » pour des élèves de tout âge de réaliser les différentes étapes de la gravure, du dessin jusqu’au tirage sur papier. Cette dernière opération qui consiste à transférer l’image de la plaque gravée sur le papier comme un « tampon » impressionne fortement les enfants. Il est vrai qu’il y a toujours quelque chose d’assez magique lorsque l’on découvre le premier tirage d’une gravure.

Je profite également de ces ateliers pour leur parler de l’art en général, du dessin, de la représentation et pour répondre à toutes leurs questions sur le métier d’illustrateur.

 Lj83 : Ce premier livre est destiné à un public très jeune. S’agit-il d’un goût marqué pour les enfants ou envisagez-vous de travailler pour d’autres publics?

SO : Il est vrai que j’aime particulièrement l’univers des enfants. Il était d’ailleurs prévu dans un premier temps que, dans mon abécédaire, chaque animal soit accompagné d’extraits de commentaires d’enfants, à propos de mes gravures, collectés lors d’ateliers d’écritures en classes de maternelles. J’aime beaucoup leur façon d’appréhender le monde qui les entoure et de le retranscrire.

Je n’ai pas envie pour autant de m’adresser uniquement aux enfants et parmi les projets que je développe actuellement, il y en a certains à destination d’un public jeunesse et d’autres pour adultes.

 Lj83 : Vous avez travaillé seul pour cet abécédaire. Aimeriez-vous travailler sur les textes d’un auteur?

SO: J’ai effectivement réalisé ce livre seul puisque au-delà des illustrations c’est également les mises en pages et tout le travail de typographie que j’ai effectué sur l’ensemble de l’ouvrage car ce projet s’y prêtait bien. J’ai eu très vite une vision globale de la direction et de l’univers de cet abécédaire et mon savoir-faire en graphisme m’a permis de conserver une unité et une cohérence totale au sein du livre. Les lettres étant, elles aussi, des « formes dessinées », ce livre fut pour moi d’un bout à l’autre un jeu de structure, de composition des vides et des pleins, de constructions des formes et des couleurs.

Pour autant tout ce travail n’a  pas été effectué en solitaire mais en dialogue constant avec l’équipe artistique de chez Actes Sud, avec leur soutien et leur expérience bien entendu. Mon amie, illustratrice elle aussi, m’a également beaucoup aidé  à toutes les étapes du livre.

Pour ce qui est de travailler sur des textes d’auteurs, ce devrait être le cas pour certains de mes projets à venir. Le travail d’appropriation et d’adaptation de l’histoire et de l’univers d’un écrivain est pour moi très intéressant et enrichissant.

©Sébastien Orsini

©Sébastien Orsini

 Lj83 : Avant de conclure, que pouvez-vous nous dire de vos projets ?

SO : J’aimerais beaucoup que mes prochains projets jeunesse laisse une très grande place à l’image, et qu’ils me permettent d’expérimenter un maximum de choses. J’ai en tête une quantité de projets très différents les uns des autres qui sont pour moi comme des laboratoires me permettant de « chercher ».

Pour ce qui est des projets à destination d’un public adulte, il s’agira plutôt de BD.

Je travaille actuellement sur l’adaptation d’un polar français, sur trois scénarios personnels très hétéroclites et sur un scénario original qu’un auteur est actuellement en train de m’écrire. L’histoire se déroulera entre les USA et l’Afrique des années 70.

Une fois de plus, il apparaît clairement que je n’aime pas vraiment m’immobiliser trop longtemps dans un seul et même univers.

 Lj83 : Grand merci à vous, Sébastien, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous attendons avec impatience de découvrir vos nouvelles créations et vous souhaitons des succès à la mesure de votre talent.

S O : Merci infiniment pour vos questions et pour tout l’intérêt que vous portez à mon travail.

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« Dans le mystère des animaux sauvages » de Sébastien G. Orsini

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Dans le mystère des animaux sauvages : abécédaire en linogravure

Sébastien G. Orsini

Actes Sud Junior

A comme alligator, Z comme Zèbre… Oui, mais comme on ne les a jamais vus encore, dans un abécédaire somptueux, plus qu’un abécédaire, un livre d’art, avec des choix esthétiques forts et saisissants. Chaque animal occupe la totalité de la page de droite, en gros plan et cadrages serrés. L’artiste a privilégié le rendu des matières et des textures qui le caractérisent: le quadrillage des écailles de l’iguane, les poils drus et raides du dromadaire, les plis et les craquelures de la peau de l’éléphant, la complexe mosaïque des ailes de la libellule. Très graphique, le troupeau de zèbres finit par former un tableau abstrait. Les xylocopes butinant un champ de fleurs évoquent les vitraux des années 30. Sur les pages de gauche se découpent de petits tableaux sur fond clair, dentelles d’arbres et motifs végétaux en ombres chinoises sur larges à plats, paysages lointains et mystérieux sur lesquels se détachent, les unes après les autres, larges et rassurantes, les lettres noires de l’alphabet. Le papier, mat et velouté, met en valeur ce travail remarquable, avec sa palette de tons sourds et sombres, ses teintes de terre, de sable et de nuit. Un bien beau voyage.

Un seul regret : l’illustration de la couverture n’est vraiment pas à la hauteur, c’est un véritable sabotage !

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Marie H.