Archives de Tag: filles

« Léontine princesse en salopette » de Séverine Vidal

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Léontine princesse en salopette

Séverine Vidal, illustrations de Soufie

Ed Les P’tits Bérets, 2011

Léontine aimerait bien une histoire qui commence par : « Il était une fois Léontine, une princesse en salopette ». Léontine est une petite fille comme les autres, elle a une salopette en jean, un t-shirt rouge avec une tête de mort et des bottes de pluie vertes avec des grenouilles. Le seul prince charmant qui l’a embrassé s’est fait punir par la maîtresse. Sa cour est celle de la récré !!! Elle revendique son état de petite fille autonome qui ne veut pas qu’on lui fasse épouser un prince charmant.

Sévérine Vidal écrit cette histoire comme un conte (de fée !!!) des temps modernes. Sa princesse est d’une clairvoyance éblouissante pour son jeune âge et son féminisme peut en faire rougir plus d’une ou un. Séverine Vidal concentre dans cet album: jeux de mots, références aux contes et mise en abîme du texte dans la narration. Elle n’hésite pas à employer côte à côte, du vocabulaire ancien et contemporain : « pantoufle de vair » / « trucs rigolos ». Pour conclure une phrase à retenir : « Alphonse descend de ton cheval, y’a du linge à étendre ».

Les illustrations de Soufie sont en parfaite adéquation avec le texte. Des aquarelles aux tons doux, des crayonnés enfantins, des personnages touchants et amusants. Une touche de couleur supplémentaire pour Léontine, l’héroïne de cet album au format carré, agréable et amusant. A priori c’est le premier album de l’illustratrice, d’autres sont à paraître en 2012. Nous attendons avec impatience ces sorties pour suivre son travail prometteur.

Thierry B.

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« Giga-boy » de Gaël Aymon

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Giga-boy

Gaël Aymon, illustrations de Cécile Vangout

Ed Talents hauts, 2011

Giga-boy est né au pays des superhéros. Ses parents fondent en lui tous leurs espoirs; combattre les méchants, sauver le monde, devenir le plus fort de l’univers. Giga-boy choisi son costume de superhéros… et le jour où il se trompe d’écharpe et arrive, avec celle de sa mère (la rose), au commissariat, la population se moque de lui. Il s’en va à la recherche d’autres mondes. Après avoir rencontré une princesse, des pirates, un général etc, il fera la connaissance de Hyper-boy. Hyper-boy lui montre le chemin du pays des Vrais-Gens !

Nous retrouvons Gaël Aymon sur un ton plus léger, mais toujours sur le même registre. Les stéréotypes filles/garçons. Un ton plus léger sur la forme car Gaël Aymon s’adresse aux plus jeunes à travers cet album coloré. Mais sur le fond le discours est profond. Il n’est jamais assez tôt pour parler de ce sujet et Gaël Aymon le fait avec brio.  Giga-boy est le petit frère de « Ma princesse rose-praline » parue il y a un an.

Giga-boy est illustré par Cécile Vangout. Beaucoup de couleurs, des personnages aux traits expressifs. On retrouve les petits animaux de Cécile Vangout, son coup de crayon, son humour et ses références.

Thierry B.

« Contes d’un autre genre » de Gaël Aymon

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Contes d’un autre genre

Gaël Aymon

Ed Talents hauts

Gaël Aymon propose trois contes avec trois illustrateurs différents. « La belle éveillée » avec François Bourgeon, « Rouge crinière » avec Sylvie Serprix et « Perce neige et les trois ogresses » avec Peggy Nille.

Dans La belle éveillée La reine ne peut avoir d’enfant. Le roi s’entoure de conseillers, médecins, qui dispensent leurs conseils. Ils pensent à leur confort avant tout. La reine reçoit un message en cueillant des fleurs. Une princesse naîtra. 7 fées se pencheront sur son berceau. Les conseillers pensent que cette princesse est naît grâce à leurs prescriptions. Le roi les félicite et continue de bien les traiter. La jeune fille subira le mauvais sort de la 7ème fée et s’endormira dans le boudoir de sa mère. Cela vous rappelle un conte célèbre, moi aussi. Le talent de Gaël Aymon, réhaussé par les illustrations de François Bourgeon (Les passagers du vent), est de donner à cette jeune fille un côté féministe engagé. Elle fait face à son destin et ne le subit pas. Sans l’aide  du prince « charmant », elle se délivrera, déjouera les pièges des conseillers, sauvera sa mère de la sentence des juges et redonnera à son père sa place de roi.

Dans « Rouge crinière » le prince va recoudre, avec beaucoup d’habileté et délicatesse,  pendant trois jours et trois nuits, le coeur abîmé de Rouge crinière, la guerrière à la froideur et à la cruauté légendaire.

Dans « Perce Neige et les trois ogresses » le prince est délicat comme cette fleur, refuse de se battre. Il est chassé par son père car le fils du roi doit se battre, il en est ainsi.

Dans les trois contes, Gaël Aymon met à bas les clichés, les stéréotypes filles/garçons. Il place le sujet dans le conte pour renforcer son côté universel. Il joue merveilleusement bien avec les motifs classiques du conte. De l’humour, de la sagesse, de la rudeur, de la cruauté, de la délicatesse… Gaël Aymon prend des libertés, il écrit des contes inclassables, atypiques, le résultat est brillant.

Thierry B.