Archives de Tag: animaux

« Love : le renard » de Frédéric Brémaud

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Love : Le renard

Scénario de Frédéric Brémaud

Dessin de Frédérico Bertolucci

Ankama éditions, collection Etincelle

Attention : chef-d’œuvre !

Sûreté du trait, précision de l’anatomie et justesse du mouvement, composition des illustration pleine page, délicatesse de la palette, cet album tient de la prouesse graphique. Véritable immersion en milieu animal, cette histoire entièrement muette nous plonge au cœur d’une catastrophe naturelle en suivant le parcours d’un renard borgne. Ce détail, la cicatrice qui barre son œil mort, emporte d’emblée l’adhésion. Les premières planches décrivent ses efforts pour chasser, visiblement handicapé par sa vision imparfaite, et même si nous le perdons de vue pour suivre d’autres animaux, c’est bien ce renard dont nous allons suivre le parcours et au destin duquel nous allons nous attacher. Car dans cette île paradisiaque, les drames s’enchaînent à un rythme effréné. La lutte pour la survie ne laisse aucune place à la pitié et les plus redoutables prédateurs se trouvent parfois, eux aussi, en situations périlleuses. La nature, dont les lois peuvent paraître cruelles, est ici décrite dans toute sa sauvagerie et sa beauté. Le découpage, faisant alterner les points de vue avec un indéniable sens du cadrage, maintient un suspense constant. Et quand le volcan entre en éruption, il devient insoutenable…

Pour les âmes sensibles, l’album s’achève néanmoins sur une nature apaisée et l’image idyllique de retrouvailles inespérées.

Remarquable !

Marie H.

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« Resto-Zoo: le guide gastronomique des animaux » de Gilles Macagno

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Resto-Zoo : le guide gastronomique des animaux !

Gilles Macagno

Editions Bilboquet – Collection Les inclassables

Il y a les mangeurs d’œufs, les casseurs d’os, les végétariens, les carnivores, les charognards, les amateurs de bois ou de larves, ceux qui préfèrent les fruits… Mais au fait, qu’est-ce que c’est qu’un fruit, exactement ? Si chaque double page expose le régime de quelques espèces, des pavés donnent des précisions sur leurs particularités, comme le rôle des micro-organismes dans la digestion des herbivores ou la façon dont les graines se dispersent dans la nature en profitant du système digestif des oiseaux. Un petit lexique des régimes précise leurs noms scientifiques – myrmécophage, malacophage ou aphidiphage, ça vous dit quelque chose ? – mais le vocabulaire de l’ensemble des textes est simple, même si les informations sont nombreuses et souvent insolites. La mise en page, très aérée, laisse une large place aux illustrations, mêlant croquis aquarellé et planches anatomiques avec un soupçon d’humour.

Cette façon d’explorer le règne animal sous l’angle des différents régimes alimentaires est originale et bien exploitée. Pour les passionnés d’animaux et, plus largement, tous ceux qui s’intéressent aux curiosités de la nature.

Marie H.

« ABC bestiaire » de Janik Coat

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A B C bestiaire

Janik Coat

Editions Autrement

La couverture de ce bel album carré attire l’œil. 5 animaux se détachent nettement sur son fond blanc et nous fixent de leurs yeux ronds. 5 ? Ou plutôt 6. Et 7 même. Jolie accroche que cette couverture qui nous incite d’emblée à examiner chaque détail. Car la construction de cet album repose sur une intelligente progression qui ménage de nombreuses pistes d’observation.

En effet, la première double page présente sur une large plage blanche un décor minimaliste – un arbre, une étendue d’eau- et un âne, surmonté de la lettre A et de son nom, Antonin, la deuxième introduit quelques rochers et une baleine, Barbara, la troisième le chien Cyprien, une fleur et des pousses d’herbe, la quatrième… Vous l’aurez compris, les animaux arrivent au fil de l’alphabet, accompagnés de quelques détails qui enrichissent le panorama et simplement nommés de leurs prénoms. Un premier jeu peut consister à deviner le nom zoologique de l’animal (pas toujours aussi facile que baleine ou grenouille). Il est aussi possible, de page en page, de repérer les ajouts au décor et les déplacements des animaux (repérer Léon ou Pline quand arrive enfin Zadig n’est pas si simple non plus). La dernière page de l’album présente, face à l’alphabet complet, la liste des noms d’animaux accolés à leurs prénoms, donnant ainsi l’occasion de découvrir quelques mots savants, tels que wombat ou quetzal, et l’envie de revenir en arrière pour les retrouver. Ultime raffinement, les pages de garde offrent le dessin au trait fin sur fond blanc du décor vide, puis peuplé de tous ses habitants pour une nouvelle lecture de ce bestiaire décidément plein de surprises.

Avec ses beaux à plat francs et nets, une palette joyeuse et tonique, des contrastes de couleurs bien dosés et une mise en page claire qui incite à détailler, les illustrations sont propres à captiver le regard des enfants. Abécédaire, livre-jeu et imagier, idéal pour inciter les tout petits à observer et développer leur mémoire, c’est avant tout un très bel album qui, par son graphisme singulier, leur offre un monde enchanté.

Marie H.

« Plume » d’Isabelle Simler

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Plume

Isabelle Simler

Editions Courtes et longues

Grand format, pages cousues, beau papier mat, l’ouvrage s’annonce de qualité, ce qui n’étonnera aucun de ceux qui connaissent déjà les Editions Courtes et longues, spécialisées dans la publication de livres d’art et dont la principale ambition concerne la lecture de l’image. Mais le travail d’Isabelle Simler va bien au-delà. Qui dit plumes dit oiseaux. Voici donc, pleine page, de somptueux portraits d’oiseaux, paon, mouette, ibis, chouette… dont les lignes élégantes se détachent sur de grandes réserves blanches, face aux dessins d’une précision documentaire de leurs plumes. Des plumes que nous retrouvons sur les pages de garde, mélangées à de nombreuses autres, et accompagnées du nom de leurs propriétaires, de façon à inciter le lecteur à les rechercher dans l’album. Plume est également le nom d’un chat qui se dissimule dans chaque page, autre manière ludique d’emmener les plus jeunes dans leur première promenade ornithologique.

Tout à la fois imagier, ouvrage documentaire, et livre d’art .

Tout simplement beau, intelligent et indispensable.

Marie H.

 » Halte aux sales bêtes qui foutent la trouille !  » de Hélène Lasserre et Gilles Bonotaux

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Halte aux sales bêtes qui foutent la trouille !

Textes de Hélène Lasserre et Gilles Bonotaux

Dessins de Gilles Bonotaux

Editions Larousse

Voilà donc le « Guide antiphobies pour occire ou embobiner tout ce qui vole, grouille, rampe… « .

L’essentiel des cas examinés sont des arthropodes (pas de panique, chaque mot barbare est très clairement expliqué) mais on nous parlera aussi des serpents, crapauds, chauves-souris, rats… Il s’agit d’ailleurs moins d’écrabouiller ou de ratatiner ces bestioles, qui nous terrorisent bien malgré elles, que d’apprendre à mieux les connaître. Car si elles suscitent chez nous des réactions incontrôlables et souvent ridicules, quand elles ne nous mettent pas justement en danger, c’est avant tout par idées reçues et généralement fausses.  Chacune d’elles a donc droit à sa fiche descriptive : savoir à qui on a affaire désamorce généralement les réactions irrationnelles. De nombreuses informations et anecdotes insolites complètent le tableau, avant de passer aux trucs et astuces pour s’en débarrasser. Les auteurs ont privilégié les méthodes naturelles et écologiques, soulignant l’utilité de la plupart de ces gêneurs.

Les dessins de Gilles Bonotaux, dans la veine de la bande dessinée humoristique, contribuent à familiariser le lecteur avec ces hôtes indésirables de nos maisons. Car, comme le disent les auteurs en conclusion, il faut s’y résoudre, ils sont bien plus nombreux que nous, autant les accepter et cohabiter au mieux. Ce guide malin de petit format au prix très modique, 4.90€ seulement, passionnera tous les jeunes curieux et permettra peut-être de juguler bien des répulsions.

Marie H.

« Oh! Les beaux becs » de Oscar Bolton Green

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Oh! Les beaux becs

Oscar Bolton Green

Editions Le Baron perché

Voilà exactement ce à quoi devrait ressembler un documentaire pour les plus petits : simple, ludique, sobre et efficace.

Les oiseaux ont des becs courts, longs, pointus, crochus, aplatis… Mais pourquoi une telle variété? Toutes ces formes ne sont pas des caprices de la nature, elles correspondent à la nourriture qu’ils doivent chercher dans leur environnement. Nous apprenons ainsi que le bec de certains canards est dentelé pour leur permettre de capturer des poissons glissants, que celui des becs croisés, très crochu, est assez puissant pour casser les graines et que le long bec effilé du colibri est fait pour aller au cœur des fleurs où il prend leur nectar.

Parfaitement adapté aux très jeunes lecteurs, le texte présente une quinzaine d’oiseaux différents en utilisant un vocabulaire précis Les dessins sont, eux aussi, d’une grande simplicité, avec des couleurs douces sur un beau papier mat. La dernière page propose de retrouver les propriétaires des becs représentés, façon ludique de revenir sur les informations abordées. 24 pages seulement, qui peuvent soulever de nombreuses autres questions et éveiller une curiosité pour le monde animal. Aussi original qu’intelligent, ce premier documentaire est une vraie réussite.

Marie H.

« Toutes les bêtises sur la nature que les grands racontent aux enfants » de François Lasserre

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Toutes les bêtises sur la nature que les grands racontent aux enfants

Textes de François Lasserre

Illustrations de Roland Garrigue

Editions Delachaux et Niestlé

Non, les autruches ne cachent pas leurs têtes dans le sable pour éviter les dangers !

Et non, les haricots verts ne sont pas des légumes, l’étoile du berger n’en est pas une et le dromadaire n’a pas qu’une seule bosse !

Si vous ne me croyez pas, jetez-vous donc sur ce petit documentaire malin et facétieux. Malgré son petit format, il fourmille d’informations passionnantes. Et si les illustrations sont souvent désopilantes (Roland Garrigue est, entre autres, l’auteur des savoureux « Comment ratatiner … » chez P’tit Glénat),  les textes, très courts, n’en sont pas moins sérieux et précis. Souple et agréable à feuilleter, il incite à la curiosité. Pour grappiller utile, en voiture ou dans une salle d’attente, partout et chaque fois que l’on veut éviter de perdre son temps, que l’on soit petit ou grand.

Marie H.