Archives de Catégorie: Contes, mythes et légendes

« Le petit Chaperon rouge » de Fabrice Colin et Zelda Zonk

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chaperonrougeLe petit Chaperon rouge

Fabrice Colin…et Charles Perrault, illustrations de Zelda Zonc

Ed PlayBac, collection Les contes de fées, défaits !, 2015.

Un énième Chaperon rouge, oui, certes, mais décalé ! Je pense que l’auteur et l’illustratrice ont pris beaucoup de plaisir à écrire et illustrer cet album de conte. Ils y ont mis beaucoup de malice, d’humour. C’est décalé, dégenté, loufoque. La présentation est soignée. Sur la page de gauche le récit (à l’ancienne !) avec lettrine et enluminure. Sur la page de droite l’illustration façon bande-dessinée avec des bulles. Cette version donne à ce Petit Chaperon rouge beaucoup de modernité et d’insolence. Décidemment, les petites filles ne sont plus ce qu’elles étaient !!!

Thierry B.

« Pétrouchka » de Claude Clément et Beppe Giacobbe

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PetrouchkaPetrouchka

Claude Clément, illustrations de Beppe Giacobbe

Ed Seuil jeunesse, 2014.

Claude Clément revisite le conte traditionnel russe Petrouchka et le livret du ballet éponyme d’Igor Stravinsky et Alexandre Benois.

Ce conte folklorique retrace l’histoire d’une poupée dont le corps n’est composé que de sciure bourrée de paille, mais qui est doté de vie et d’amour. Petrouchka est aux Russes ce que Pinocchio est aux Italiens. Cette poupée renvoie à l’illustration d’une passion réelle, qui l’incite à vivre une vie humaine impossible pour lui. Ses déplacements parfois saccadés et maladroits, illustrent la douleur des émotions humaines enfermées dans un corps de tissu. Les trois personnages principaux constituent le trio éternel de la Comédie (Pierrot, Colombine et Arlequin de la Commedia dell’Arte, le mari, la femme, l’amant dans le drame bourgeois).

Le texte soigné se prête volontiers à la lecture à haute voix, il est volontairement musical et le lecteur peut sentir les variations de la musique.

Cet album grand format est merveilleusement illustré par Beppe Giacobbe. L’illustrateur présente de grandes double pages colorées. Il alterne les plans larges des scènes de rue et ceux beaucoup plus resserrés de l’univers quotidien des marionnettes. Un plus, la représentation du personnage d’Igor Stravinsky dans la foule à la fin de l’album.

Une splendide interprétation de Petrouchka dans ce conte illustré grand format.

Pour les curieux, les passionnés, les amateurs Petrouchka interprété par Rudolf Noureev en 1976.

Thierry B.

A la découverte de « Contes en vrac », un blog autour du conte

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Julien Desseaux est bibliothécaire, il est passionné depuis toujours par les contes traditionnels. Il savoure particulièrement leurs parodies, détournements… Son blog, « Contes en vrac« , se veut un recensement, le plus exhaustif possible de leurs variations. N’hésitez pas à lui transmette des remarques, suggestions… Il s’efforcera au mieux d’y répondre.

contesenvrac

« Contes en vrac » peut vous servir de référence pour vos achats, vos recherches. Il balai la production papier et numérique, il s’attarde sur les différents genres de contes, il distille des informations précieuses, il déniche des pépites…

La présentation est soignée, le propos très professionnel, l’analyse fine et concise, un petit bijou que je vous invite à découvrir.

Bonnes lectures de « Contes en vrac« .

Thierry B.

« Cendrillon ou la belle au soulier d’or »

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cendrillonCendrillon ou La Belle au soulier d’or
J.-J. Fdida, D. Jacquot
Ed Didier Jeunesse, coll Contes du temps d’avant Perrault

La parution annuelle de la collection « Contes du temps d’avant Perrault », toujours aussi réussie grâce au texte très poétique de J.-J. Fdida. Cette collection, où l’auteur coud différents épisodes de versions orales issues de collectes anciennes de Cendrillon, nous permet de voir autrement des contes déjà revisités par Perrault, Grimm ou pire Walt Disney, et de retrouver ainsi des symboliques abandonnées dont regorgent les versions populaires des contes.

Mireille P.

« Le petit chaperon qui n’était pa rouge » de Sandrine Beau et Marie Desbons

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petit-chaperon-qui-n-etait-pas-rougeLe petit chaperon qui n’était pas rouge

Sandrine Beau, illustrations de Marie Desbons

Ed Milan

Sandrine Beau maitrise les ingrédients du conte, conte détourné, conte de randonné, des animaux, des paysages etc. Elle joue avec les codes et les motifs du conte et joue des tours au lecteur. Le petit chaperon qui n’était pas rouge va chez sa grand-mère. Il rencontre plusieurs animaux en chemin. Enfin, il arrive avec le dernier animal qu’il a rencontré en chemin : un lapin. La grand-mère va en faire un ragoût ! Miam, la grand-mère est gourmande, toi aussi et l’histoire est finie. Sauf si tu en décides autrement et choisis une autre fin. C’est drôle, amusant.

Le texte de Sandrine est magnifiquement illustré par Marie Desbons. Elle retranscrit parfaitement l’atmosphère des forêts russes.  De belles illustrations en pleine page, de sublimes double-pages, des couleurs chatoyantes pour l’intérieur de l’isba, des bruns pour la nature et un bleu sombre et profond pour le petit chaperon qui n’était pas rouge.

Thierry B. 

« La légende du papier découpé de Yangzhou » d’Isaly

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legendepapierdecoupéLa légende du papier découpé de Yangzhou

Conte adapté par Corinne Boutry, illustrations d’Isaly

Ed Mazurka

Un conte initiatique qui mêle légende et créature féérique. Une jeune fille orpheline n’arrive pas à vendre les fleurs en papier découpé qu’elle confectionne tous les jours sur le trottoir. Un jour, elle rencontre une vieille femme. Cette dernière lui enseigne la patience, l’observation des fleurs du jardin. Jamais, elle ne lui enseigne la pratique de la découpe. Au bout d’un an, la vieille femme lui donne, enfin, une vielle paire de ciseaux rouillé. La vieille femme disparait, avec sa maison, son jardin, ses fleurs. La paire de ciseaux rouillé se révèle être…magique ! La jeune fille découpe de magnifiques fleurs en papier. Tout le monde les admire, en parle dans la ville.

Ce conte est joliment illustré. Isaly présente des couleurs pastels, des traits fins et minutieux, des visages expressifs avec beaucoup de force dans les regards. La nature est mise en valeur par l’utilisation de détails foisonnant dans la flore et la faune.

De très belle pages de garde en fleurs de papier découpé de couleur rouge.

Thierry B.

 

 

« Contes d’Afrique » de Jean-Jacques Fdida

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contesdaffriqueContes d’Afrique

Jean-Jacques Fdida, ill. par Rémi Courgeon

Ed Didier jeunesse

26 contes africains écrits dans une langue proche de l’oral : il semble qu’on devient facilement conteur, lorsqu’on les lit à voix haute. Et c’est là tout le génie d’écriture de Jean-Jacques Fdida, grand conteur lui-même, de faire entendre la voix du conteur derrière le texte écrit : il semble qu’on l’écoute plus qu’on le lit.

Des contes pleins de malice et de sagesse, comme le sont souvent les contes africains, introduits et conclus chaque fois d’un petit proverbe, d’une ritournelle, qui interpellent le lecteur et attise sa curiosité, de même que les devinettes, parsemées ça et là, tout au long du livre.

Et les peintures de Rémi Courgeon, par leurs couleurs choisies dans les tons mats (cinq couleurs, pas plus : rouge brique, bleu turquoise, jaune paille, vert kaki, noir), apportent à l’ensemble une lumière douce qui rappellent celle de l’Afrique, et sont comme un écho fidèle aux histoires, mettant en scène des animaux et des humains, pointant la naïveté et la sagesse des uns et des autres.

A lire et à écouter sans modération !

Judith O.