« A la folie » de Birgitte Lorentzen

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Birgitte  Lorentzen, traduit du danois par Hélène Hervieu

Ed Bayard, collection Millezime

Sélection Prix Incorruptibles 2015 dans la catégorie 5ème – 4ème

Luisa pense devenir folle : l’image obsédante d’une petite fille hante ses nuits et, la fatigue aidant, des hallucinations commencent à perturber ses journées. Jusqu’au jour où Thomas lui parle de cette enfant qu’il voit aussi. Problème : même s’il est terriblement séduisant, Thomas est avant tout catégorie P, dite « Section Psychose » regroupant des élèves ayant connu des difficultés psy de toutes sortes. Une catégorie de bannis unanimement considérés par les autres lycéens comme des débiles dangereux. Luisa va néanmoins devoir faire appel à Thomas car les manifestations s’aggravent et la question principale reste : troubles mentaux ou apparitions ? Immédiatement suivie de celle, cruciale : comment y remédier ? En se faisant aider, en clair abrutir à coup de psychotropes, ou en tentant de comprendre l’appel de cette enfant  pour l’aider, elle, quitte à faire appel à un médium des plus douteux?

Malgré quelques clichés (notamment le trop séduisant garçon qui, par sa différence, représente l’attrait du danger et de la transgression), ce roman fantastique habilement construit parvient à éveiller la curiosité et maintenir l’attention du lecteur. La fiction repose sur un subtil équilibre entre suspense et gravité, ainsi qu’une réelle ambiguïté quant à l’état mental des deux jeunes gens. Le dénouement ménage par ailleurs une surprise très émouvante.

Nous pouvons retrouver Luise dans L’île interdite, paru en août dernier dans la même collection, qui prolonge A la folie. Malheureusement, l’intrigue y est paresseuse et s’embourbe dans les clichés, les personnages sont réduits à des caricatures et le lecteur s’ennuie, un comble dans le genre fantastique. Une fois encore, nous vérifions que les suites ne sont pas toujours bienvenues.

Marie H.

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