« A copier 100 fois » d’Antoine Dole

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Antoine Dole

Editions Sarbacane

Ne vous laissez pas prendre aux jolies couleurs acidulées de l’illustration de couverture. Ces pimpants crayons de couleur qui évoquent l’enfance et des rentrées de classe emplies de rires et de cris joyeux habillent en fait un texte fébrile et déchirant. Le long cri de souffrance d’un garçon différent. Il a 13 ans, n’a pas de nom, est l’échec de son père et le souffre-douleur de son collège. Parce qu’il ne sait pas se battre, n’a pas envie d’apprendre, ne veut pas exister de cette façon-là. Et sait pourtant que c’est ce qu’un père attend de son fils. Ce que son père attends de lui. Entre détresse et révolte, il voudrait pouvoir affirmer ce qu’il est et être aimé comme tel.

Le format court des petits Sarbacane convient particulièrement à l’écriture fulgurante d’Antoine Dole. Le temps présent pour une narration rapide et nerveuse, le récit d’un véritable chemin de croix où la douleur des coups et la peur qu’ils engendrent ne sont rien par rapport au regard du père, son refus, son mépris, sa déception et sa honte. Il dresse le portrait en creux d’un adolescent en perdition, un corps marqué de bleu et de plaies, d’un esprit qui bascule dans le trop plein du manque d’amour  et la tentation d’en finir avec la vie. Une cinquantaine de pages seulement qui se dévorent et disent tant de la détresse  et de la souffrance d’être rejeté qu’on lui  pardonnera sa chute, une chute qui, pour positive qu’elle soit, parait  si improbable qu’elle en devient un peu maladroite.

Antoine Dole en parle beaucoup mieux que moi, laissez-le vous convaincre. ICI ! Moi, j’ai juste été bouleversée.

Marie H.

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