« Madame le Lapin blanc » de Gilles Bachelet

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coup de coeurmmelapinblancMadame le Lapin blanc

Gilles Bachelet

Editions Seuil

Tout le monde sait que derrière chaque grand homme, il y a une femme. Mais qui a déjà imaginé ce que pouvait être la vie de Madame Lapin blanc ? Ou plutôt, Qui pouvait imaginer cette vie ?

Cet album ayant été récompensé par la prestigieuse Pépite de Montreuil cette année et son auteur, Gilles Bachelet, loin d’en être à son coup d’essai, il paraît inutile d’en faire état. MAIS ! Je ne peux tout simplement pas résister à l’envie tant cet album est réussi. Peut-être parce qu’il explore de façon totalement innovante l’œuvre culte de Lewis Carroll, enrichissant de manière si personnelle et talentueuse, ironique, tendre et décalée un univers bien souvent illustré, et par les plus grands noms. Peut-être aussi parce qu’il flatte la fibre féministe (l’illustration de couverture en dit long sur le contenu et la condition de femme au foyer d’un héros surmené que l’on voit courir à travers la fenêtre, le regard rivé sur sa montre à gousset). Et, plus certainement, parce qu’on ne se lasse pas de l’immense talent de Gilles Bachelet qui, depuis son Chat le plus bête du monde, n’en finit pas de nous ravir avec l’humour le plus drôle du monde, un humour érudit, intelligent. Les clins d’œil ne se comptent plus et chacun d’eux nous enchante (Béatrix Potter, Gilbert & George, John Tenniel…) dans une foule de détails à découvrir (si vous n’imaginez pas ce que peuvent être des carottes à l’australienne ou des carottes Sauvez Willy, rendez-vous sur la double page 100 façons d’accommoder les carottes, vous y découvrirez également les Carottes Brancusi, César ou Buren). Sous forme de journal (forme propice aux confidences intimes), Madame Le Lapin blanc nous présente sa progéniture (nombreuse, forcément), dévoile ses espoirs, ses désillusions et surtout, ses rapports avec le grand homme (enfin, le lapin, quoi). Et c’est un vrai grand moment de plaisir !

Marie H.

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