« Arthamios, chroniques d’un esprit vagabond » de Luc Van Lerberghe

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Arthamios, chroniques d’un esprit vagabond

Luc Van Lerberghe

Editions Midgard

La mise en place de l’intrigue met très classiquement en présence deux personnages que rien ne destinait à se rencontrer. Rahauric, dernier géant de la contrée, sauve d’une mort certaine un jeune homme blessé et privé de force qui, à part le nom d’Arthamios, ne se souvient de rien. En décidant de l’aider à regagner les terres peuplées de ceux de sa race, Rahauric ne se doute pas qu’il va déclencher une nouvelle guerre, plus dévastatrice encore que celle qui, mille ans plus tôt, vit s’abattre le grand fléau sur l’ensemble des habitants du monde et fut à l’origine de l’empire du tyran Salarios. Ce dernier a asservi l’ensemble des peuples et terrorise le grand conseil des Sages par la puissance de sa magie mais il rêve de bien plus. Or, il semblerait que le jeune Arthamios soit détenteur d’une puissance au moins égale, que seule son amnésie l’empêche d’utiliser pleinement. Les derniers résistants à la tyrannie vont tout mettre en œuvre pour protéger le jeune homme et l’aider à développer son don, qui pourrait leur permettre d’éviter un nouveau conflit destructeur.

Après un début quelque peu laborieux, l’épopée d’Arthamios devient vite passionnante. Sur une trame très convenue, l’auteur parvient à construire une intrigue solide et bien rythmée qui ménage quelques belles surprises. Les personnages principaux, également réussis, s’enrichissent au fil du récit et gagnent en nuance et en épaisseur, à commencer par le héros éponyme, dont la nature complexe devient vite attachante. Nous découvrons en même temps que lui ce monde qui lui est étranger et partageons sans efforts ses doutes et ses questionnements. Qui est-il en réalité ? L’involontaire sauveur d’un monde, jeté par le hasard dans une époque tourmentée, au tournant de son histoire? Un héros prédestiné ? Ou peut-être bien un pion, manipulé à son insu ?

Sans être remarquable, l’écriture est de bonne qualité (à l’exception notable d’un usage désastreux des virgules), et la narration des scènes d’action est tout particulièrement efficace. Ce premier volume, qui s’achève justement sur le premier épisode d’une guerre destinée à durer, nous laisse dans un état d’attente fébrile.

Un regret toutefois : l’illustration de couverture, terriblement peu engageante (même compte tenu des codes graphiques du genre), est loin de rendre justice au texte et risque de décourager les amateurs, dans un contexte où l’emballage de l’objet livre a de plus en plus d’importance sur les rayons. Il est également dommage que cette belle construction d’univers ne s’accompagne pas d’une carte qui permettrait de visualiser les déplacements des personnages et mieux appréhender les enjeux du conflit. Celle-ci est disponible sur le site Arthamios, accompagnée du détail des lieux, notes et illustrations de leurs habitants, ce qui constitue une extension appréciable mais qui lit avec un ordinateur sur ses genoux ?

Marie H.

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