« La petite bille de Camille » de Céline Lamour-Crochet et Coralie Saudo

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La petite bille de Camille

Céline Lamour-Crochet, illustrations de Coralie Saudo

Ed Tournez la page, 2012.

Camille a de violents maux de tête, elle ne veut pas aller à l’école. Ses maux de tête ne s’arrête jamais, même pendant les vacances. Ses parents la conduisent chez le medecin et après des examens complémentaires, le diagnostic tombe. Camille est malade, elle a un cancer. Elle va donc subir le parcours de soins nécessaires à sa maladie. IRM, hospitalisation, opération, soins, chimiothérapie, radiothérapie, convalescence etc. Cet album se présente comme un documentaire avec des émotions en plus, il permet pour les jeunes lecteurs une sensibilisation à la maladie. Il aide les enfants à comprendre ce que les enfants malades endurent au quotidien.

Céline Lamour Crochet décrit avec beaucoup de précision et de délicatesse les étapes de la maladie de cette petite fille. A travers le personnage de Camille c’est le parcours des enfants malades qu’elle décrit. Et pourtant, jamais une fois, elle ne prononcera le mot cancer dans son récit, comme pour préserver les jeunes lecteurs et/ou leur parents.

Il est très difficile de parler de façon objective de ses albums qui sont écrits à destination d’une maison d’édition dont la ligne éditoriale est très marquée, pour une cause affichée et de plus pour aider une association. Ici, « L’étoile de Martin » qui soutient la recherche sur les cancers pédiatriques. Très difficile de donner son avis de professionnel(s) de la lecture et de la littérature de jeunesse car l’implication des personnes (l’auteure, les parents, le milieu associatif etc.) est si grande et omniprésente qu’ils auront du mal à l’entendre de façon objective. C’est l’affect qui prend le dessus et pourtant ces ouvrages manquent d’universalité, la problématique est annoncée et décrite brusquement. Elle ne s’inscrit pas dans le cours d’une histoire où l’enfant durant sa lecture pourrait se l’approprier en douceur et de façon plus générale.

De plus si l’on regarde de plus près les titres de cette maison d’édition, on s’aperçoit qu’ils sont construit sur des jeux de mots limites sur le plan littéraire. Exemple : « Quand Tine ne veut pas manger à l’école » ou « Rub et Ol ont peur du docteur« , mieux encore « Hal Ergie mon monstre à dompter » etc.

Oui il faut parler de la maladie aux enfants, même ceux qui n’y sont pas confrontés directement. Oui cet album en parle avec beaucoup de douceur, de discrétion et d’affection. Oui, Céline Lamour Crochet a une jolie plume. Oui, la cause de cette association doit être soutenue. En professionnel(s) de la lecture et de la littérature de jeunesse et même si vous trouvez cela sévère, le mot de la fin sera :

« laissez faire des livres de littérature de jeunesse à ceux qui savent faire »

Thierry B.

 

 

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  1. BOnjour.
    L’ouvrage manque d’universalité ? Chaque cas est unique en effet, et pour etre confronté a la maladie de ma fille (pas du meme ordre mais genetique) les mots sont bien universels, les sentiments et les etats moraux aussi.
    Quand aux « jeux de mots limites de la maison d’édition », seules les personnes qui ont encore une fraicheur d’enfant qui decouvrent les choses peuvent comprendre à qui ils sont destinés : des gamins de 5/10 ans.
    POur un « professionnel de la litterature jeunesse » , je trouve votre regard bien trop adulte.

  2. Bonjour,

    Je me permets de réagir à votre post… Car pour ce livre, je pense que vous n’avez pas tout saisi… Je l’ai écrit à l’hopital… sans aucune intention de le faire publier, puisque le sujet était trop sensible pour moi… Puis, ensuite, je me suis rendu compte que mon vécu pouvait peut-être aider des parents à trouver les mots, quand ceux-ci nous manquent… Je l’ai envoyé tel quel à cette maison d’édition qui n’a fait aucune modification au texte, et qui a très bien compris ma démarche personnelle (ils m’ont fait entièrement confiance). Et en ce qui concerne l’association, je les ai contacté, moi-même, après avoir eu mon contrat avec l’éditeur afin de leur reverser mes droits d’auteur… Car je sais à quel point cette association est utile, tant au niveau de la recherche (car elle finance deux salaires de chercheurs à l’institut gustave roussy) que pour le bien être au quotidien des enfants hospitalisés en créant des ateliers (dessin, musique, etc.) Il ne s’agit nullement d’une commande d’écriture, mais bien d’une démarche personnelle de ma part.

    Je vous souhaite un agréable week end