« Les premières aventures de Sherlock Holmes: l’espion de la Place rouge » de Andrew Lane

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Les premières aventures de Sherlock Holmesinteressant

T.03 : L’espion de la place rouge

Andrew Lane

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Marie Hermet

Editions Flammarion

Le jeune Sherlock a 14 ans et il est loin d’être la célébrité que nous connaissons. Il est, comme tous les garçons bien nés de cet âge dans une Angleterre rigide et codée, un jeune homme très encadré et trop peu aimé. Confié aux soins de ses oncles et tantes par des parents absents, il bénéficie heureusement des leçons très particulières d’Amyus Crowe, chez lequel nous retrouvons un sens de l’observation et du raisonnement bien connu des lecteurs de Conan Doyle. Sa vie est toutefois plutôt monotone lorsque son frère ainé, Mycroft, le convoque à Londres. Arrivé au Club Diogène, il retrouve son frère enfermé dans un cabinet particulier avec un homme mort, poignardé. Les preuves accablent ce diplomate estimé et seul Sherlock, aidé de son professeur, croit en son innocence. Ils se lancent dans une enquête hasardeuse qui fera découvrir au jeune homme les égouts de la capitale, la vie d’un théâtre itinérant, la gestion funéraire et l’antichambre de la nécropole londonienne, les dessous de la diplomatie, un soupçon de fauconnerie, la Place rouge, l’art du maquillage, la police secrète russe… Autant dire beaucoup d’aventures pour lui apprendre à exercer ses facultés intellectuelles, mais aussi ses aptitudes physiques, et éprouver durement son instinct de survie.

Si les scènes d’actions souffrent de nombreuses invraisemblances et de descriptions laborieuses qui ralentissent leur rythme, les peintures du Londres et du Moscou de l’époque sont pittoresques et dépaysantes. Les rebondissements se succèdent si rapidement qu’ils nous laissent peu de temps pour réfléchir au manque de réalisme de la plupart des situations, à commencer par le crime initial. Et d’ailleurs peu importe puisque l’essentiel, c’est-à-dire l’esprit de déduction, basé sur l’observation et la logique, se retrouve dans l’enseignement dispensé au jeune Sherlock par ses deux mentors, Amyus et Mycroft : se méfier des apparences, écarter les à priori, évacuer les sentiments, garder la tête froide, examiner les faits et rien que les faits …

Il s’agit du troisième volume des aventures du jeune Sherlock. De nombreuses allusions à ses précédentes enquêtes ainsi que les indices de celles à venir laissent présager une série plus importante. Une série sympathique qui peut amorcer le goût du roman à énigme chez les jeunes lecteurs et leur donner envie de découvrir Sherlock Holmes l’authentique, décidément irremplaçable.

C’est l’occasion de rappeler que si beaucoup se sont essayés aux suites, pastiches et hommages, il existe en littérature jeunesse deux excellentes séries qui font référence directe à l’oeuvre de Conan Doyle: celle des Wiggins de Béatrice Nicodème, dont 5 titres ont été réédités dans la collection Souris noire chez Syros et celle des Enola Holmes de Nancy Springer, 6 titres à ce jour chez Nathan.

Sans oublier, parmi de très nombreux films exploitant la figure du détective mythique, Le secret de la pyramide, sur un scénario de Chris Columbus et réalisé par Barry Levinson en 1985, qui imagine la première enquête d’un très jeune Holmes qui vient tout juste de faire la connaissance d’un certain Watson: suicides suspects, secte fanatique, sacrifices rituels, suspense, action, réflexion, déduction et même amour.  Il reste un des meilleurs films policiers à destination d’un jeune public (pas trop jeune tout de même, certaines scènes sont assez impressionnantes) et il est devenu, à juste titre, un incontournable du genre.

Marie H.

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Une réponse

  1. génial merci !
    je recommande également les livres de la série d’ « Enola Holmes » qui sont de pures merveilles à lire et qui laissent petits et grands en haleine dans un suspens éprouvant et captivant.