« Chevaliers: journal d’un héros » de Shuky, Waltch et Novy

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Chevaliers, journal d’un héros

Scénario de Shuky

Dessins de Waltch

Couleurs de Novy

Makaka éditions

Des charnières de métal ouvragé et une couverture imitation vieux cuir façon vieux grimoire, un trio d’aventuriers, armure, arc et masse d’arme qui se détache sur un écusson, encore de l’héroïc fantaisy à deux sous ? Que nenni, laissez-vous tenter, l’objet en vaut la peine.

Le livre est lourd, tout juste comme il faut, juste au bon format pour se caler confortablement dans votre main. Il s’ouvre et se feuillette facilement, le beau papier épais, mat et légèrement granuleux, est de ceux dont on tourne les pages avec plaisir. Ce qui tombe bien, car il va falloir en tourner, des pages et des pages. En effet, « Chevaliers » repose sur le concept de lecture interactive des Livres dont vous êtes le héros. Ca vous rappelle quelque chose ? Vous êtes dans un couloir, trois portes face à vous, si vous choisissez celle de droite, allez à la page 33… Ce dispositif fastidieux reposant sur l’enchaînement mécanique de paragraphes factuels ou descriptifs, sans grande inventivité et la plupart du temps très mal écrit, a pourtant connu un grand succès dans les années 80. La série matricielle a eu 20 longues années d’existence et plus de 180 numéros.

Mais il s’agit ici de BD, la « première bande dessinée dont vous êtes le héros« , ce qui change tout. Nul besoin d’explications ou de descriptions laborieuses, les dessins parlent d’eux-mêmes, des dessins au trait rond et fermes, dans une palette de couleurs franches et gaies sans être agressives, qui présentent une galerie de personnages à gros nez avec la dose d’humour qu’il faut pour apporter à l’ensemble un salutaire décalage. Et l’on se laisse prendre au jeu… Pour m’être acharnée au-delà du raisonnable à tenter de rencontrer le dragon vert, je peux vous affirmer qu’il y a dans ce mécanisme quelque chose de diablement bien conçu et totalement addictif. Les auteurs prennent un malin plaisir à vous égarer dans un labyrinthe, vous faire tourner en rond dans une forêt sans aucun intérêt et vous enliser avec obstination dans les marécages. Et quoi que vous choisissiez, vous ferez l’aventure à dos de chèvre, mieux vaut en prendre votre parti.

Bien sûr, il faut aimer: 1/ la bande dessinée 2/ les univers médiévaux 3/les jeux de rôle 4/ perdre son temps (ou prendre le temps de s’amuser un peu ?). Je suis néanmoins convaincue que de très nombreux lecteurs sont dans ce cas et qu’ils vont s’arracher « Chevaliers ». Reste à savoir combien de lectures à manipulation intensive supportera l’objet. Mais il s’agit d’un Livre I. Nul doute qu’on nous réclamera très vite les suivant. En attendant, laissez-vous aller et tentez l’expérience !

Si vous voulez en savoir plus, voir ici l’entretien que les auteurs ont accordé à BDmaniac.

Marie H.

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Une réponse

  1. Cette BD fait envie ! Je suis très curieux de voir comment le concept de « l’histoire dont vous êtes le héros » a été transposée en bande dessinée.