« Theferless » d’Anne Herbauts

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Theferless

Anne Herbauts

Ed Casterman, 2012.

Je vais essayé de vous présenter le dernier album d’Anne Herbauts, Theferless. L’histoire d’une famille et du temps qui passe. Le temps ou bien « les temps » comme aime à les appeler Anne Herbauts. Tout commence par une double page sans texte, dans la forêt sombre et profonde une maison rouge, un chemin en forme de huit . Le 8 couché comme symbole de l’infini qui pourtant encercle la maison rouge et ses habitants. Arrive le texte seul, sans illustration sur une double page blanche. Il installe la situation, le père, la mère, la vieille, l’enfant (que l’on verra grandir au fil des pages pour signifier encore plus que le temps passe), le chat (Moby Dick avec ses 2 poissons dans le ventre) et la mort. Habitudes, routine, saisons et le temps qui passe lentement rien ne vient à l’encontre du quotidien de cette famille. La mort est présente,  elle attend avec la très vieille. Elle fait partie du quotidien, de la vie. Elle est représentée joyeuse, une fleur sur la tête, sur une double-page sans texte à la manière des peintures d’Amérique Latine.

Un jour, le chat (Moby Dick avec ses 2 poissons dans le ventre) revient de la chasse avec une hirondelle dans sa bouche. L’hirondelle vit encore et la mère-Giron va en prendre soin pendant l’hiver et la sauver.

« Dans le pli de mars, le printemps apparut. L’hirondelle s’éveilla et secoua ses ailes. Je suis Theferless. Je vous remercie infiniment pour vos soins et votre hospitalité »

Avec l’hirondelle c’est l’arrivée de la couleur bleu, bleu du ciel, bleu de la mer, bleu sombre, profond, la couleur de l’entre-deux qui déborde sur la tranche du livre comme une incitation à aller encore plus loin. Tous sont sortis, sauf la mort qui reste sur le seuil, pour assiter au départ de Theferless. Tous sont dehors, sauf la mort, pour profiter du bleu du ciel, des étoiles, de la vie. La dernière double-page illustrée emporte le lecteur vers le bleu, vers le temps, vers les temps, vers la vie, vers la mort.

Si l’adage veut que « L’hirondelle ne fait pas le printemps« ; souhaitons que Theferless, l’hirondelle, d’Anne Herbauts fasse le printemps de la littérature de jeunesse.

Thierry B.

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