Sur le ring : « Les invités » de Charlotte Moundlic

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SUR LE RING

Aujourd’hui nous inaugurons une nouvelle rubrique interractive : SUR LE RING. Nous vous proposons de réagir sur un ouvrage qui, sur le fond ou la forme, soulève des interrogations ??? Nous vous invitons à laisser vos commentaires, vos impressions, vos réactions que vous soyez professionnels ou amateurs. Pour inaugurer cette rubrique « Les invités » de Charlotte Moundlic aux éditions Thierry Magnier. Pas de note de lecture, pas de résumé, pas d’avis de notre part pour commencer, rien simplement la première de couverture pour vous remettre à l’esprit cet ouvrage ou vous incitez à le lire avant de réagir. Attention SUR LE RING, tous les coups (littéraires) sont permis !!!

Les invités 

Charlotte Moundlic

Ed Thierry Magnier

  1. L’avantage des Petites Poches c’est que les auteurs peuvent aborder à la fois des sujets légers ou plus graves mais dans un récit court et efficace; pour « Les invités », je trouve que ça fonctionne bien justement. Avant tout, le jeune lecteur découvre une histoire. Ce sont souvent les adultes qui ont besoin de rattacher un récit à l’Histoire ou à l’actualité. D’un point de vue littéraire, le texte roule bien et même sans références historiques ou culturelles, les enfants peuvent apprécier ce récit en se posant ou pas des questions. Cependant, je le conseillerai plutôt à des grands de primaire ou des collégiens. Petite Poche passe très bien auprès des ados quand les sujets abordés sont plus abstraits, comme ici.

  2. Pingback: Privés de liberté | La mare aux mots

  3. Voici mes impressions à chaud, donc plaquées rapidement sur cet écran : Je suis rentrée dans le roman à mon époque, puis au moment où les invités ont proposé d’apprendre leur langue et où les hôtes regrettaient de marcher nus pieds, j’ai été propulsé dans le film sur Chistophe Colomb avec Depardieu. Au moment de la rebellion, j’étais dans le maquis avec les résistants. A la fin du roman, j’étais à la fin de la seconde guerre mondiale. Comme vous pouvez le constater, le renvoi à des références historiques m’a aidé à traverser ce roman. Je suppose (je ne fais que supposer car je n’ai pas encore rencontré d’enfant ayant lu ce roman et avec qui je puisse échanger) qu’un enfant qui n’a aucune référence va rester dans son époque. Il va s’identifier au narrateur, donc à l’hôte. Il va accueillir, réjouir, recevoir en échange mais lorsqu’il va se sentir agressé, exploité et en position dangeureuse, il va se rebeller et chasser l’autre pour se protéger, c’est instinctif, me semble t-il.
    Ce livre a des niveaux d’entrée multiples. Si l’auteur a voulu amener une connaissance sur la colonisation et l’esclavage, je pense que le côté intemporel du roman ne convient pas. Il aurait peut-être mieux valu remettre les faits dans leur contexte. Par contre, si l’auteur a voulu réveiller/mettre en garde/prévenir le lecteur sur la domination et l’exploitation de l’homme sur/par l’homme, l’intemporalité est de mise car malheureusement on en a pas fini avec cela dans le monde.
    J’ai hâte de rencontrer un jeune lecteur pour écouter ses impressions !

  4. Alors c’est assez drôle car je l’ai lu hier et j’ai demandé à ma compagne de le lire tout de suite. A la façon dont je lui ai demandé ça elle m’a dit « ouh la c’est mauvais signe, t’as pas aimé… » « je ne dirai pas ça… »
    En fait sur le coup je ne savais pas si j’avais aimé ou pas… je voulais son avis… et elle a eu le même avis… Avec le recul c’est un bon livre (je trouve) mais on ne sait pas de quoi ça parle comme ça… (heureusement que j’ai vu ensuite de quoi ça parlait sinon je n’aurai pas compris)… c’est un livre particulier, très étrange.
    C’est drôle que tu mettes ce livre « sur le ring’ car justement j’ai voulu aussi débattre avec mon amoureuse hier soir sur celui là !

  5. L’histoire, intemporelle est écrite sous forme de conte. Des étrangers arrivent dans un village. Les villageois les accueillent chaleureusement en partageant avec eux leur nourriture, leur maison, leurs biens…Ces étrangers au début charmants, vont devenir arrogants et imposer leurs règles, leur froideur, leur violence.
    Ce roman sur le thème de la colonisation est percutant, dans la lignée de cette collection « petite poche » que nous suivons avec beaucoup d’intérêt.
    Cependant sa lecture a provoqué quelques interrogations au sein de l’équipe et nous avons beaucoup hésité avant de le mettre dans nos rayons. Dans notre société actuelle, un tel roman lu par un enfant seul (donc sans que cette lecture ne soit accompagnée par un adulte) ne provoquerait-elle pas, à contrario un sentiment de peur ou même de rejet vis-à-vis de l’étranger ? Un enfant de 8 ans est –il capable d’identifier le thème de la colonisation que décrit le roman ?
    Le débat est ouvert…

    • Assez d’accord avec Laurence, je me suis posée la même question: Ce livre ne va-t-il pas donner une mauvaise image de l’étranger?

      J’ai trouvé le thème très intéressant mais effectivement j’ai l’impression qu’il pourrait donner des arguments aux gens qui ont l’impression que l’étranger leur prend tout… Probablement pas l’idée de l’auteur mais je l’ai ressenti comme cela. Contente d’avoir lu vos avis sur ce petit bouquin qui ne laisse pas indifférent ;.)