« L’innocent de Palerme » de Sylvana Gandolfi

Par défaut

L’innocent de Palermeinteressant

Sylvana Gandolfi

Traduit de l’italien par Faustina Fiore

( Editions des Grandes personnes )

Deux récits distincts en chapitres alternés, deux jeunes garçons que rien ne semble relier.

Lucio, 12 ans, vit entre sa jeune sœur et leur mère, hypocondriaque et cloîtrée dans leur appartement de Livourne. Il a bien trop de responsabilités pour son âge et raconte un quotidien solitaire et morose. Sa seule passion est la voile, sport dans lequel il excelle et qui lui donne l’impression de s’évader. Son seul réconfort consiste à se confier dans les lettres qu’il écrit à un mystérieux Chasseur, lettres soigneusement dissimulées jusqu’à ce qu’il puisse les lâcher en pleine mer. A Palerme, Santino n’a pas tout à fait 7 ans quand il assiste à l’exécution de son père et de son grand-père. Miraculeusement rescapé, il se réveille à l’hôpital après de longues semaines de coma. Il est dès lors confronté à un dilemme : respecter l’omerta comme son oncle lui en intime l’ordre et protéger ainsi le reste de sa famille, ou livrer à ce juge bienveillant qui lui rend visite chaque jour les noms des assassins et devenir un infâme, traqué le reste de sa vie par la mafia.

Il n’existe à priori aucun lien entre ces deux garçons, en dehors de leur origine sicilienne. Silvana Gandolfi tisse habilement son intrigue, décrivant tout d’abord avec une grande sensibilité la psychologie de ses deux personnages qui emportent sans effort l’adhésion du lecteur. Elle ménage mystère et suspense jusqu’à la révélation qui marque une rupture. La deuxième partie, dans laquelle les histoires de ces deux enfants vont enfin se rejoindre, tient plus alors du thriller. Adoptant un rythme rapide et soutenu, elle nous fait partager le point de vue de Lucio dans une course éperdue pour sauver sa vie et celle de sa petite sœur.

C’est un sujet grave qu’elle propose à la réflexion d’adolescents avertis, précisant dans une note liminaire que cette fiction est inspirée de faits réels. Précipité dès l’enfance dans l’horreur du crime organisé, instauré en système social, son personnage est contraint de faire un choix qui engage sa vie comme celles de ses proches, de trouver le courage de résister à la loi de la terreur et de sacrifier l’insouciance à laquelle tout enfant devrait avoir droit. Un roman initiatique saisissant, porté par une écriture rapide, claire et fluide.

Marie H.

Publicités

  1. Pingback: Lauréats des prix Sorcières 2012 | Sous un pissenlit

  2. Pingback: Lauréats des prix Sorcières 2012 « Sous un pissenlit