« J’ai rendez-vous avec… Séverine Vidal »

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Lj83 : – Bonjour Séverine Vidal

Séverine Vidal : Bonjour cher Thierry !

Lj83 : – Aujourd’hui est un jour particulier, vous inaugurez la nouvelle rubrique du blog Lecture jeunesse 83 : « J’ai rendez-vous avec… », et c’est la première fois (de votre vie) que vous ne faites pas la rentrée scolaire.

Séverine Vidal : Je suis ravie d’inaugurer cette rubrique. Vous me suivez depuis mes débuts (très récents) ! C’est vrai, j’ai choisi de faire le grand saut. Je ne suis plus enseignante depuis fin juin…

Lj83 : – Après votre démission de l’Education Nationale, vous entamez donc une reconversion professionnelle, comment appréhendez-vous l’année 2012 ?

Séverine Vidal : Sereinement. Je n’arrive pas à avoir peur, pourtant j’essaye ^^

Les élèves et les collègues vont me manquer, c’est sûr. Mais je sais que j’ai fait le bon choix. Mener les trois de front (la direction de l’école, l’enseignement et le travail d’écriture), c’était devenu difficile.

Lj83 : – Remontons le temps, si vous le voulez bien, pouvez-vous raconter à nos lecteurs comment vous avez été éditée la première fois ?

Séverine Vidal : J’avais écrit un roman qui s’appelait « L’âge de la bestiole ». J’ai commencé à faire des envois, comme ça, par la Poste. Je ne connais personne dans ce milieu, donc, j’y suis allée au hasard. J’ai reçu la première réponse deux semaines après. C’était Geneviève Brisac de l’Ecole des loisirs. C’était un « non », mais quel non ! Une belle lettre, détaillée, qui m’a laissé croire que ça valait sans doute la peine de continuer. Puis j’ai reçu deux réponses encourageantes. Je me souviens très bien de ces deux moments. Une lettre manuscrite de Sylvie Gracia (Le Rouergue) qui disait : « Vous avez eu raison de nous envoyer votre manuscrit qui est dans l’esprit du Rouergue » (je connais par cœur cette phrase!), et un appel de la directrice des Editions Talents Hauts. Pour des raisons diverses (thème déjà présent dans le catalogue, ou loin de la ligne éditoriale), « L’âge de la bestiole » n’a pas été publié, mais le contact était pris et rapidement, j’ai envoyé « Philo mène la danse » à Talents Hauts, et « Comment j’ai connu papa » au Rouergue. Les deux livres ont paru en 2010.

« L’âge de la bestiole » est finalement paru en février dernier chez Oskar sous le titre « Comme une plume ».  C’est ce même texte qui a plu aux Editions Grasset, un an après l’envoi. Il était déjà pris ailleurs. Entre temps, j’avais écrit « Lâcher sa main », qui est donc sorti chez Grasset début 2011.

Cette Bestiole me porte chance !

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Lj83 : – Comment cette aventure s’est-elle poursuivie ?

Séverine Vidal : Je me suis mise à écrire, à écrire beaucoup et tout le temps. Parallèlement, j’ai créé mon blog, je me suis inscrite au forum de la Luciole masquée (une mine d’infos quand on débute) et sur Facebook. J’ai, grâce à ce réseau, rencontré d’autres auteurs jeunesse, ainsi que des illustrateurs. J’ai découvert des univers, j’ai fait mon chemin. Un jour, j’ai osé proposer un scénario de BD à Lionel Larchevêque, il l’a accepté : « Arsène veut grandir » a paru à l’automne 2010 chez Alice jeunesse. Depuis, la collaboration continue ! J’ai proposé mes textes à d’autres illustrateurs, toujours avec la crainte d’un refus (c’est arrivé!). De belles rencontres sont nées, des collaborations, des amitiés. Je me régale.

Et puis, tout s’est enchaîné. Et à chaque « oui »,  je tremble encore de bonheur !

Lj83 – Vous parlez d’accélération, avez-vous une explication à ce phénomène ?

Séverine Vidal : Je ne sais pas. Mes textes ont plu. Je ne cherche pas d’explication. Même dans les lettres de refus, il y a souvent une ligne ou deux sur mon écriture, qui touche.

Certains éditeurs me font confiance et la collaboration se poursuit après la sortie du livre.

Lj83 : – Si l’on regarde l’ensemble de votre production éditoriale, les thèmes développés sont des thèmes de sociétés : le divorce, la mort, la folie… N’avez-vous pas peur de vous enfermer dans un genre ?

Séverine Vidal : Non, pas de souci de ce côté-là ! Je ne m’enferme dans rien.

J’écris depuis le début des choses très différentes, avec le même plaisir. BD, contes, albums, romans. J’ai d’autres idées de romans ado, dans lesquels j’aime en effet aborder des thèmes un peu … « lourds ». Mais un peu de poésie et une bonne dose d’humour allègent tout. Dans la vie c’est la même chose d’ailleurs : on s’en sort toujours avec l’humour. L’auto-dérision, ça sauve de beaucoup de choses !

A la rentrée, et cet automne, des thèmes plus légers seront au rendez-vous.

Lj83 : – Vous parlez de thèmes plus légers, cela correspond aux nouveautés de cette rentrée ?

Séverine Vidal : Cet automne, plusieurs de mes textes sortent chez Frimousse (Sophie Corvaisier est une éditrice géniale!), des textes légers et plutôt marrants (j’espère en tout cas!). Une série, Prune, illustrée par Kris di Giacomo, dans laquelle une petite fille de 8 ans fait son autobiographie, « Je n’irai pas » (ill. Cécile Vangout), « Mamythologie » (ill. Lionel Larchevêque) : j’ai de la chance, je suis très bien entourée !

Lj83 : – Dans ces nouveautés de la rentrée, il y a le 2ème tome de « Roulette Russe». Racontez nous cette aventure littéraire, avec Anne-Gaëlle Balpe et Sandrine Beau.

 Séverine Vidal : Quelle belle histoire ! J’aimais le blog de Sandrine, son ton enjoué, son humour. J’aimais discuter avec Anne-Gaëlle sur le forum, je sentais une « connexion ». Un jour, m’est venue cette idée bizarre :  écrire à trois. Je les ai contactées, et elles ont dit oui ! Depuis, on écrit ensemble, on part en vacances ensemble, nos enfants et nos maris s’adorent. On adore travailler toutes les trois, confronter nos idées à celles des autres, partager. D’ailleurs, après la série des Roulette Russe, on a un autre projet.

Lj83 : – Nous arrivons aux termes de cet entretien, nous vous remercions de votre disponibilité et de votre enthousiasme. Avant de vous laisser le mot de la fin, peut-on dire que vous êtes disponible pour aller à la rencontre des jeunes lecteurs ?

Séverine Vidal : Les rencontres avec les lecteurs, les interventions, j’aime ça. Chaque mot d’enfant, ou de leurs parents, chaque retour sur mes textes est un bonheur. J’espère que je ne me lasserai jamais de tout ça. A Grenoble, lors du Printemps du livre, j’ai rencontré des classes de collège incroyables : ils avaient imaginé avec leurs profs de français et d’éducation musicale tout un spectacle autour de mon roman, de la musique, des surprises, des créations visuelles. C’était très émouvant. Vivant, spontané. Et puis, les interventions scolaires, ça me permet de garder un pied (une plume?) à l’école. Et l’école, ça a été ma vie pendant douze ans !

Lj83 : – Merci beaucoup Séverine Vidal

Séverine Vidal : Merci à vous !

Merci de faire vivre nos livres comme vous le faites !

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