« La balade de Yaya » de Jean-Marie Omont

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La balade de Yayainteressant, tome 1 : La fugue

Scénario de Jean-Marie Omont, dessins de Golo Zhao

Editions Fei

Yaya et Tuduo sont n’auraient jamais dû se rencontrer. Issue d’un milieu privilégié résidant dans la concession française de Shanghai, Yaya attend deux grands évènements dans sa vie : la naissance de son petit frère et le concours de piano qui lui permettra de réaliser son rêve, devenir une grande concertiste. Orphelin, Tuduo survit au jour le jour dans un quartier misérable et doit rapporter ce qu’il gagne dans la rue en exécutant des numéros d’acrobatie à une grosse brute qui le maltraite. Mais ces deux enfants que tout sépare s’échappent exactement au même moment, quand les japonais envahissentla Chineà la veille de la deuxième guerre mondiale et que la ville subit sa première attaque aérienne.

Les décors installent d’emblée la différence sociale, surcharge de motifs précieux aux tons chauds chez Yaya, palette bleu terne, encombrement hétéroclite et lumière sale dans le taudis de Tuduo. Le trait rond et ferme des personnages, fidèle aux canons de l’esthétique manga, s’inspire également de la bande dessinée franco-belge en estompant les effets excessifs de ses modèles. Le travail sur les couleurs, dans une gamme de tons sourds évoquant l’aquarelle, donne une belle unité à l’ensemble.

Le petit format à l’italienne donne un rythme particulier au récit, d’autant que Golo Zhao joue de longues cases horizontales sur ses pages de droite pour accentuer l’effet de fuite en avant dès que les enfants s’échappent de chez eux. Le découpage est donc très efficace et la mise en place de ce premier tome, malgré l’aspect assez conventionnel de la situation initiale, fonctionne assez bien pour susciter l’intérêt et emporter l’adhésion. Ces deux enfants, confrontés aux forces brutales d’un monde pris de folie, sont suffisamment attachants pour que la position dans laquelle nous les quittons, livrés à eux-mêmes dans une ville dévastée, incite tout lecteur à se précipiter sur le deuxième tome.

Marie H.

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