Rencontre avec Claude Ponti

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Mercredi 17 novembre 2010

Rencontre avec Claude Ponti

BMVR Alcazar Marseille

 

Nous étions plus de 300 dans l’auditorium de l’Alcazar aujourd’hui pour écouter Claude Ponti, invité par Gilles Ebolli, directeur des Bibliothèques de Marseille, Anne Marie Faure et son équipe de « L’île aux livres » fonds de conservation de la région et Katia Imbernon de la librairie Imbernon à Marseille. Pendant 2 heures, Claude Ponti s’est livré, avec beaucoup d’enthousiasme et de passion, au jeu des questions réponses. Nous avons pu, pendant cet échange, connaître un peu plus ce qui anime ce grand monsieur de la littérature.

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude Ponti : « J’ai été dressé à la perfection immédiate et absolue » voilà qui donne le ton de la matiné. Avec beaucoup d’humour et d’ironie, mais toujours avec beaucoup de modestie, Claude Ponti nous parle technique. Il utilise des crayons H ou HB, de l’encre de Chine, de l’aquarelle… Dans la constitution d’un album, il commence par le crayonné, ensuite il passe les dessins à l’encre de Chine, il confie ses dessins à l’éditeurs qui les tire sur papier aquarelle, ensuite il rajoute la couleur à l’aquarelle. Le texte définitif arrive à la fin. L’album part chez l’éditeur.

« Je vise un noyau flou de l’enfance, le moins stéréotypé possible. Je fais un livre que j’aurais aimé avoir étant enfant. Je ne vise pas une tranche d’âge particulière. »

Schmélele et l’Eugenie des larmes, Ed l’Ecole des Loisirs, 2002

« Il faut toujours avoir une porte de sortie. Les enfants font toujours confiance, même lorsqu’ils sont en souffrance. Ils mettent toujours beaucoup de temps à comprendre, alors il leur faut une porte de sortie. Pour avoir été bien coincé en étant petit, les portes sont très importantes pour moi. Je construis tout autour. Souvent je fais ce que l’histoire demande, j’obéis ! »

« En ce qui concerne le chagrin dans ce livre, je pense que l’on est pas obligé de le porter tout le temps. D’où la valise.  Il n’y a pas que de la douleur et de la souffrance dans le chagrin, il peut y avoir des choses bénéfiques. La maison se reconstruit à la fin. »

Le jeu :

« Le jeu c’est apprendre à vivre. Jouer avec l’inconnu c’est important, il n’y a pas de solution précise. J’aime le jeu, j’aime jouer avec les enfants. Le livre est un espace de jeu. Pour faire le lien avec l’architecture, on peut regretter aujourd’hui la perte des caves et des greniers dans l’habitat. La maison, le grenier, la cave sont une métaphore de l’être. »

L’architecture

Dans le « Blaise et le Château d’Anne Hiversère« , (Ed Ecole des Loisirs, 2004) la maison des poussins ressemble à l’espace premier, l’espace intra-utérin. C’est volontaire chez Claude Ponti dans le sens où ce n’est pas refusé.  Il y a des notions d’architecture dans les dessins et les représentations en coupe. « Je dessine la maison qui va avec les personnages de mon histoire. A la base il y a la notion de cabane. La cabane de quand j’étais môme. Je faisais des cabanes tout le temps. Je trouve, aujourd’hui, que la cabane a la contrainte de l’envie que l’on a et des matériaux que l’on trouve. »

 

« Je désire que ce que l’enfant voit du livre soit plus grand que son champs de vision. Une vision en kinopanorama. Une histoire correspond à un format. Dans mes livres je fais en sorte que les parents n’est pas les clefs et que l’enfant reste libre, même si l’adulte est content en lisant le livre ». La liberté de l’enfant de pouvoir s’exprimer, de pouvoir produire et de voir ses productions publiées, c’est un fait auquel Claude Ponti tenait beaucoup. Avec Olivier Douzou et d’autres amis ils créent le MUZ, Musée des oeuvres des enfants.

Claude ponti a jouer le jeu jusqu’au bout en terminant la matinée avec une séance de dédicace de 12h à 14h. Un mot gentil pour chacun, des poussins, des poussins et encore des poussins, sa signature. Merci Claude Ponti.

Thierry B.

 

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