Journée d’étude : La conservation partagée des fonds jeunesse

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LA CONSERVATION PARTAGEE DES FONDS JEUNESSE

Jeudi 8 octobre 2009

Journée d’étude nationale organisée par la BnF/Centre national de la littérature pour la jeunesse-La joie par les livres en partenariat avec la BMVR de Marseille, l’ARL-PACA, la FILL, la bibliothèque L’Heure Joyeuse (Paris), la commission jeunesse de l’ABF.

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 Présentation

La conservation partagée est née de la volonté de sauvegarder un patrimoine, de le conserver et de le faire connaître. Cinq ans après celle qui s’était tenue à la Bibliothèque nationale de France, cette journée d’étude se propose de faire à l’échelon national un état des pratiques et de la réflexion. Qu’en est-il des dispositifs mis en place en région ? Comment peuvent-ils s’articuler entre eux ? Pour maintenir l’existant, faire avancer de nouveaux projets, sur quoi s’appuyer, quels moyens mettre en œuvre ? À ces questions centrales s’ajoute la nécessité de valoriser des collections qui se constituent en lien avec la création actuelle. À travers information et échanges cette journée permettra aux professionnels concernés de faire le point, de réfléchir ensemble afin de mettre en œuvre des actions convergentes.

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Où en est la conservation partagée ? :

Modération : Anne Marie Faure (BMVR de Marseille)

8h45 Accueil

9h15 Ouverture par Gilles Eboli (BMVR de Marseille), Léonor de Nussac (ARL PACA), Jacques Vidal Naquet (BnF/CNLJJPL)

9h30 Questions sur la conservation partagée des fonds pour la jeunesse : principes fondateurs, enjeux régionaux et nationaux par Anne Marinet (BMVR de Toulouse) .

Pourquoi conserver ?

Les années 90 sont les années de la mobilisation. Le coup d’envoi est le colloque de la bibliothèque de L’Heure Joyeuse. Conserver un patrimoine fragile et éphémère. Pour qui conserver ?

Pour les professionnels, les chercheurs.

Pour les amateurs éclairés ou nostalgiques (pour ces derniers la part affective et inoubliable de l’enfance fait que les recherches sont beaucoup plus aléatoires !).

Pour les enfants, pour les confronter à des images du passé.

La dimension patrimoniale de la littérature de jeunesse et le soucis de conservation

La littérature de jeunesse devient un champ d’investigation pour les chercheurs, avec le programme de l’Institut Charles Perrault, c’est le signe de la place reconnu de cette littérature. L’édition jeunesse est un objet patrimonial et éphémère. Au vue de la production pléthorique des dernières années : 9000 titres/an. Cela donne à ces titres une certaine précarité. L’édition jeunesse représente un cas à part, elle présente le risque d’une plus grande disparition et son rôle est essentiel. Ces titres lorsqu’ils sont épuisés, deviennent rares. La notion de patrimoine s’est élargie en passant du prestigieux au spécifique ; en ce sens que l’on ne conserve plus que les livres précieux et rares puisque la notion de rare a évolué. Les livres en mauvais états, crayonnés, déchirés sont différents des livres précieux mais demeurent patrimoniaux !!!

Quoi conserver ?

Cela nécessite une réflexion commune. La conservation se décline de plusieurs manières : auteurs, éditeurs, sujets etc. Il y a plusieurs strates de conservation.

Les préférés, les chouchous : les ouvrages de fiction et plus particulièrement les albums.

Les incontournables : certains auteurs, les illustrateurs et éditeurs de région.

Les moins aimés : les périodiques (pour leur place), les documentaires.

Les rétifs, les autres documents : Multimédia, CD, Vidéo, internet, etc.

Les non admis : Les documents qui ne sont pas achetés ou pas acceptés par les bibliothécaires (Martine, Club des 5, collection de supermarchés etc.).

Choix de la sélection

Plan régionaux de conservation partagée, d’où l’importance d’une instance régionale de coordination. L’exemple de la région PACA avec l’ARL et la BMVR de Marseille traduit une volonté d’associer les bibliothèques de toutes tailles et devient une réussite. Au niveau régional cela se traduit par :

Une forte synergie entre les différents acteurs.

Un désherbage sans états d’âme puisque le plan de conservation partagée est établi.

Une proximité pour les chercheurs, les étudiants, les amateurs qui n’ont plus à se déplacer à Paris.

Ce qu’il reste à construire ou à améliorer. Il faut signaler les collections et les rendre accessibles sur les catalogues en ligne. Pourquoi ne pas créer un onglet spécial « FCJ ». Assurer  une meilleur traçabilité des dons (dons des lecteurs, des BCD etc.). Un exemple d’onglet : « Trésors d’antan » dans une bibliothèque.

De plus les axes de conservation sont disparates et beaucoup de documents échappent à la conservation. C’est là que la conservation interrégionale devient un échelon intéressant. Pourquoi ne pas définir de nouveaux axes complémentaires et définir des pôles d’excellence interrégionaux. Replaçons la conservation dans un plan national, imaginons un portail commun avec le web 2.0.

 « Si la conservation suscite des enthousiasmes, le patrimoine reste une question d’avenir ».

10h00 État des lieux de la conservation partagée des fonds jeunesse en région par Delphine Hautois Fédération Interrégionale du Livre et de la Lecture (FILL).  

Sur le site de la FILL dans la rubrique boite à outils la conservation partagée des fonds jeunesse trouve sa place. L’année 2000 est le point de départ de recensement pour la conservation partagée en France. En 2000, 11 régions entreprennent un recensement dans le but de créer un plan de conservation partagée. Sur ces 11 régions :

3 régions n’ont pas dépassé le stade de la période de recensement et n’ont pas mené à bien un plan de conservation partagée. La Bretagne, La région Centre et le Languedoc Roussillon. Cet échec est dû au pilotage du projet, au manque de volonté des autres partenaires et/ou aux tutelles (DRAC, élus des collectivités locales). Les décideurs sont souvent réticents au fait que l’on puisse céder à une autre collectivité locale des collections acquises avec l’argent public de leur collectivité.

1 région, Poitou Charente, grâce à l’action de la BMVR de Poitier , relance un recensement pour un nouveau plan de conservation partagée.

1 région, Haute Normandie, lance en 2009, un projet de conservation partagée.

6 régions sont engagées dans un plan de conservation partagée :

Depuis 2003, la région PACA a été un pionnier et sert d’exemple. Ce plan a été conduit grâce à un pilotage fort. Il est coordonné par l’ARL avec l’expertise de la BMVR de Marseille  et le concours des 6 BDP de la région. Il se compose de 35 pôles d’excellence et ressources, avec 70 établissements partenaires, pour un total de 7486 ouvrages conservés et 5400 ouvrages acquis dans le cadre de ce plan. Il a évolué sur le plan juridique, on est passé du dépôt au don, ce qui fait une avancée majeure. En PACA, le plan est mature, ce qui ne veut pas dire que toutes les questions soient résolues. Le périmètre de la conservation pourrait évoluer, il manque encore le signalement, sous quelles formes ?, et une valorisation tout azimut.

Depuis 2005, les régions Midi Pyrénées et Franche Comté sont engagées, elles aussi, dans un plan de conservation partagée. Dans le cadre du plan, elles invitent 3 auteurs qui tournent sur un circuit : « Chemins faisant ». Elles ont développé un outil pour les professionnels et la recherche.

Depuis 2007, les régions Bourgogne et Champagne Ardennes, développent un plan, en suivant le modèle de leurs « aînés ».

La conservation partagée des fonds existe par le volontariat et le volontarisme, elle a gagné du terrain et de la légitimité. La dimension régionale est pertinente, il reste à trouver une articulation entre régions et une articulation interrégionale à nationale.

10h30 L’exemple du plan de conservation partagée des fonds pour la jeunesse en Bourgogne par Alice Zunino (CRL Bourgogne)

Un exemple de plan similaire à celui de la région PACA.

11h00 Pause

11h30 Seven Stories, un musée du livre pour enfants en Grande Bretagne par Sarah Lawrance.

Seven Stories est le premier musée en Angleterre entièrement dédié aux livres pour enfants, principalement aux livres d’auteurs et d’illustrateurs britanniques. Il est situé à Newcastle et a été crée par Judith Kerr. Il fonctionne grâce à un personnel salarié mais également grâce au volontariat et au bénévolat.

« Some people say there are only seven stories in the world but a thousand different ways of telling them. Seven Stories is about the thousand ways.”

De cette maxime, il doit son nom, il compte 7 étages et chaque étage est destiné à une activité particulière dont une librairie et un coffee shop. L’institution est un pôle de conservation d’originaux grâce à l’achat mais également aux dons, ce qui représente aujourd’hui  environ 70 illustrateurs et auteurs des années trente jusqu’à nos jours. Le musée a mis au point un  programme d’événements et d’animations afin de permettre aux enfants et aux parents de partager ensemble la littérature de jeunesse d’hier et d’aujourd’hui : ateliers d’écriture d’enfants dont les productions sont conservées et exposées, expositions et rencontres d’artistes, d’auteurs et d’illustrateurs.

Quelques noms qui ont soutenu et qui soutiennent encore la fondation : Judith Kerr, Quentin Blake, Philip Pullman…judith kerr

12h15 Questions de la salle

12h30 Déjeuner

 

Conservation partagée et valorisation.

Modération : Jacques Vidal Naquet

14h00 Le livre pour la jeunesse, un patrimoine pour tous : quelques exemples d’expositions et animations à l’Heure Joyeuse par Viviane Ezratty et Françoise Lévêque (Heure Joyeuse Paris)

Le patrimoine sort de sa réserve. 1924, c’est la date de la création de la bibliothèque de l’Heure Joyeuse à Paris. Depuis on s’interroge sur la relation passé/présent. Les œuvres du passé restent lisibles aujourd’hui. La bibliothèque de l’Heure Joyeuse développe les initiatives dans ce sens. Elle trouve le moyen de faire découvrir et de faire relire des ouvrages et/ou des auteurs par des expositions ou des rééditions.

Quelques exemples :

« MIAM » (Mangeur Insatiable d’Albums et de Mots) par et avec Michèle Gentelet.

« On raconte, on raconte encore », une exposition qui met en valeur les illustrations de Gustave Doré avec en regard les œuvres en volume d’une plasticienne.

« Les albums soviétiques de 1917 à 1945. »

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« L’île rose » de Charles Vildrac réédition chez Thierry Magnier.

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« Nadejda Garrel – 1939-2003 » Exposition.

 

 

Un patrimoine pour tous, pour quel public ? La mise en valeur du patrimoine abolie la frontière entre les publics. Cela permet de transmettre à un public le plus large possible. Les animations jouent  sur le respect du patrimoine (faire mettre les gants blancs aux enfants pour les manipulations) et sur l’irrespect (présenter des livres tenus par des fourchettes en plastique.).Pour valoriser le patrimoine on peut utiliser des rééditions ou des duplicatas car le patrimoine ne se limite pas aux livres anciens. C’est tout l’intérêt concret de la conservation partagée avec les livres épuisés.

 « Le patrimoine pour tous au sein d’une bibliothèque de lecture publique ».

14h30 La conservation partagée en PACA à l’heure de la valorisation par Anne Marie Faure et Aurélie Giordano (ARLPACA ).

Le plan a permis, en région PACA, de récupérer 45000 titres depuis 2003. 8000 titres sont conservés, 6000 ont été acquis, les autres appartiennent à « l’île aux livres » (BMVR Alcazar Marseille). Le plan a un budget de 75000€, compte 70 bibliothèques dont 38 sont pôles d’excellences ou ressources. Le plan coopère avec le COBIAC (COllectif de Bibliothécaires et Intervenants en Actions Culturelles). L’île aux livres achète des livres anciens, des originaux, des livres neufs et des jeux d’artistes. 40000 livres dont 8500 viennent de la conservation partagée. Le plan en région PACA est rodé, l’heure est à la valorisation.

Valorisation du plan et des bibliothèques partenaires. Quelques exemples :

            Cadenet (Vaucluse), pôle ressource sur le conte indien et des Inuits. Mise en valeur du fonds au sein de la bibliothèque par un tipi au centre de l’espace jeunesse.

            Brignoles (Var), pôle d’excellence sur le conte francophone. Elle obtient une subvention du CNL, entretient des liens étroits avec les partenaires francophones, établie une bibliographie.

            Saint-Raphaël (Var), pôle d’excellence sur les éditions Didier Jeunesse, collection « A petits petons », « Pirouette »et « Guinguette ». Exposition d’originaux, venue d’un auteur de la collection (Charlotte Mollet), ateliers sur les comptines à destinations du très jeune public.

            Gap (Hautes Alpes), pôle d’excellence sur la montagne. Assure un gros travail en partenariat avec les scolaires.

            Château Arnaud (Bouches du Rhône) pôle d’excellence sur les Editions Thierry Magnier sauf la collection « Tête de lard ». Venue de l’éditeur et invitations de plusieurs auteurs du catalogue.

Un échec, en 2007 le projet de monter une exposition « images d’enfant, images d’enfance » connaît des difficultés, notamment sur le plan financier. Ce projet n’est pas abandonné, grâce à l’obstination et la volonté des personnels de l’ARL et de l’île aux livres-BMVR Alcazar Marseille.

15h00 « Holy God! Dougal and Hector! Mais avez-vous vu Harry Potter TM ? Échos de la naissance et de la vie d’une exposition, Babar, Harry Potter et Cie, BnF 2008 » par Olivier Piffault (BnF/CNLJJPL)

bnfC’est la première exposition organisée à la BnF sur la littérature de jeunesse. Celle, organisée en 2001, sur les contes de fées était uniquement à destination des adultes avec des documents du département des livres rares et précieux. C’était une volonté de la BNF. L’exposition Babar, Harry Potter et Cie a été conçu à destination des passionnés du livre pour enfant, les nostalgiques et les enfants eux mêmes. Ce travail fut de longue haleine pour contourner les lourdes conditions de travail de cette institution qu’est la BnF. Cette exposition est différente de la première, car elle permet de découvrir l’évolution de la littérature de jeunesse : des auteurs marquants, des époques différentes, (Contes, albums, BD, livres animés). Elle est composée de thématiques : les héros de la littérature…

Elle se singularise par sa présentation, des espaces dédiés aux enfants, un mobilier à leurs tailles et une muséographie originale et « révolutionnaire » dans le cadre de la BnF. Les œuvres originales, les manuscrits, les illustrations et les croquis sont présentés dans les vitrines en regard avec des documents récents ou ayant une valeur patrimoniale moindre. Le tout côtoyant des peluches, des jouets, des gadgets ou autres dérivés marketing.  L’exposition fait une large place aux nouvelles technologies avec des écrans tactiles et des jeux en ligne. Il y a eu des rencontres d’auteurs, des heures contées. L’innovation a été de présenté à la fin de l’exposition, et dans des vitrines, des livres qui avaient été coloriés, déchirés, mangés etc. Prouver, affirmer que le patrimoine est vivant.

15h30 Questions de la salle

15h45 Pause

16h00 « De la jeunesse chez Gallimard » : regard d’un éditeur sur son patrimoine par Alban Cerisier (Gallimard)

L’éditeur Gallimard s’inscrit dans la conservation partagée du livre jeunesse. Cette maison imprime ses titres et conserve les originaux. Aussi s’est-elle lancée dans une conservation des originaux.

16h30 Numérisation et valorisation concertées : une opportunité pour la diffusion et la conservation des fonds patrimoniaux de littérature pour la jeunesse? Par Aline Girard (BnF, Département de la coopération)

La numérisation est concertée. Mise en place en 2008 du conseil du livre. Valoriser les ensembles numériques, les rendre accessibles et favoriser la rentabilité. Gallica est l’une des plus importantes bibliothèques numériques accessibles gratuitement sur Internet. Constituée à l’origine à partir des collections de la BnF, ses ressources s’étendent du Moyen Âge au début du XXe siècle. Elle propose en ligne des textes (200 000 volumes, dont 100 000 fascicules de presse) et 100 000 images. Elle donne accès à des documents rares, originaux, épuisés ou peu accessibles. La nécessité est rapidement apparue de recourir à une concertation avec d’autres bibliothèques pour garantir la cohérence des corpus à numériser et le rapprochement d’ensembles physiquement séparés. Tel est le cas du projet entre la BNF et la Bibliothèque de Cujas sur des fonds de sciences juridiques. Cette mise en commun des collections est souvent associée à leur mise en valeur par le biais d’expositions.

La mise en commun des ressources sur le territoire s’étend et doit tenir compte de la littérature de jeunesse, notamment depuis la mise en place de la conservation partagée de la littérature de jeunesse qui démontre l’importance, la qualité et la possibilité de partage de cette littérature. La coopération numérique c’est une chaîne d’action à mener en commun. Bientôt un Gallica jeunesse dédié, pourquoi pas ?

17h00 Synthèse par Régine Roussel, directrice adjointe de la BDP 13

17h30 Visite de l’exposition Anthony Browne

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Exposition

du 7 octobre au 18 novembre 2009

BMVR de Marseille.

 

 

Thierry B.

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